August 5, 2021

La réforme de la haute fonction publique démarre

La réforme de la haute fonction publique entre dans une phase active. L’équipe dirigée par Jean Bassères, également directeur général de Pôle emploi, sera officiellement installée par le gouvernement vendredi 18 juin. Le haut fonctionnaire est chargé de préparer le lancement des deux nouveaux établissements, emblématiques de la réforme : l’Institut national de la fonction publique (INSP), qui remplacera le 1est Janvier 2022 l’École nationale d’administration (ENA), et la délégation interministérielle à la haute direction de l’État (Diese), future direction des ressources humaines de l’État.

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L’objectif d’Emmanuel Macron est de changer fondamentalement le parcours des hauts fonctionnaires. Une nouvelle formation, tout d’abord. L’INSP devra proposer aux futurs insparques un tronc commun commun à quatorze écoles de fonctionnaires (commissaires, directeurs d’hôpitaux, corps techniques, etc.). Un parcours (et des places) d’accès spécifique sera réservé aux candidats issus de milieux modestes, qui pourront se préparer dans 74 cours préparatoires « Talents », répartis dans tout le pays.

Un nouveau corps, donc. Les « insparques » intégreront tous le « corps des administrateurs de l’État » et devront commencer par des missions de terrain. Ils ne pourront donc plus entrer directement dans les grandes instances (Conseil d’Etat, Cour des comptes, inspections générales). Enfin, les carrières des hauts fonctionnaires seront différentes. Chacun aura vocation, selon son mérite et ses aspirations, à accomplir des missions successives, comme préfet, inspecteur général ou ambassadeur.

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L’organisation et la gouvernance de l’INSP et du Diese

Le rôle de la commission Bassères, réduite à la préfiguration de l’INSP et du Diese, est pourtant déterminant, puisque ces deux institutions interviendront à chaque étape de la carrière des hauts fonctionnaires. La petite équipe définira la place qu’elle prendra dans le paysage. Il s’agira notamment de travailler sur le tronc commun que l’INSP abritera. La mission devra également apporter plus de cohérence aux instituts de formation des ministères, mais aussi prévoir les modalités d’organisation et de gouvernance de l’INSP et du Diese.

Une mission intense, que Jean Bassères assumera en parallèle de ses activités à Pôle emploi. Mais il sera entouré de dix personnes, cinq femmes et cinq hommes. Leur profil est varié. Certains sont des universitaires, comme Coralie Chevallier, vice-présidente de l’Université de Paris Sciences et Lettres (PSL), ou Gabriel Eckert, professeur de droit public à l’Université de Strasbourg. D’autres sont de hauts fonctionnaires, comme Thomas Cazenave, qui a dirigé la réforme de l’État au début du quinquennat d’Emmanuel Macron en tant que délégué interministériel à la transformation publique. Enfin, l’équipe est composée de spécialistes des questions sociales, notamment dans le secteur privé, à l’image de Claire Pedini, Directeur Général Délégué de Saint-Gobain et DRH Groupe.

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