June 23, 2021

Rift Apart », l’exclusivité époustouflante de la Playstation 5

Prenez un jeu vidéo avec un duo. Remplacez son titre par les prénoms des deux personnages principaux. Double Dragon devient ainsi « Billy & Jimmy », Armement de guerre « Marcus & Dom » ou alors Le dernier d’entre nous « Ellie & Joël »… Résultat : ces jeux vidéo pourtant musclés ont désormais des allures de jeux familiaux, voire enfantins, familiers de ce type de formulation.

Ratchet & Clank comme ToeJam & Earl, Banjo & Kazooie, Jak & Daxter, Sam et Max ou encore Bub et Bob de Bulle Bobble, fait partie de cette grande famille d’aventures qui met en avant l’amitié qui unit les deux héros, valeur cardinale pour les œuvres destinées au jeune public.

Amitié et fractures dimensionnelles

Depuis leur rencontre sur la Playstation 2 en 2002, les liens entre Clank le robot et Ratchet le « lombax » (sorte d’écureuil humanoïde) semblent inébranlables. Dans Ratchet & Clank : Faille à part, sorti le 11 juin sur Playstation 5, leur amitié n’est même pas troublée par une pointe de jalousie lorsqu’ils rencontrent leurs doubles féminines d’un monde parallèle.

Cette duplication de personnages est le thème majeur de ce nouvel épisode qui innove en proposant de jouer alternativement Ratchet, le lombax aux cheveux roux, et Rivet (prononcer « Rivette »), le lombax aux cheveux bleus.

La rencontre de ces deux individus qui se considéraient comme les derniers de leur espèce semble miraculeuse. Pourtant, cela se produit dans des circonstances catastrophiques : le Dr Nefarious (traduisez par “Doc Abominable”) menace de faire s’effondrer leurs deux univers après avoir créé une multitude de failles dimensionnelles. Les deux lombaxes accompagnés d’un robot compagnon devront voyager d’un monde à l’autre à travers des vortex afin de réparer ce méli-mélo spatio-temporel.

La formule classique de la saga

Il s'agit de résoudre des énigmes lorsque vous prenez le contrôle du robot Clank.  Les novices (ou paresseux) ont la possibilité de sauter ces passages s'ils sont bloqués.

Cette aventure développée par Insomniac Games – déjà aux manettes de l’impeccable Spiderman de Marvel et Spiderman de Marvel : Miles Morales – est absolument fidèle au concept de la saga dont il est le quatorzième épisode. C’est un jeu bourré d’action se déroulant dans un monde rempli d’animaux adorables. Pour rester accessible à toute la famille, il est également possible d’adapter le niveau de difficulté sur une échelle de 1 à 5. Un moyen idéal pour initier un enfant ou un préadolescent à un jeu de tir à la troisième personne.

Ce jeu, qui se termine en une quinzaine d’heures, est basé sur une alternance de phases de plates-formes, plutôt basiques, et d’enchaînements de combats à l’arme à feu, plus difficiles. Mais ce qui saute aux yeux dès la première cinématique et le tutoriel très réussi, c’est que le jeu est somptueux. Les décors fourmillent de détails, les lumières sont nuancées et les mouvements lors des phases de glissement sont impressionnants. Il faut avouer que nous avons à plusieurs reprises déclenché le mode photo ou fait de nombreux détours pour admirer les paysages lors de nos balades en “scarapid”, un insecte qui semble avoir un moteur de Formule 1.

Sept mois seulement après sa sortie, la ludothèque Playstation 5 n’est pas encore particulièrement embouteillée, on n’a pas perdu une miette de cette démonstration de force, en explorant les quelques quêtes annexes et niveaux optionnels du jeu.

Des armes folles

Le joueur prend également le contrôle de Rivet, l'alter ego féminin de Ratchet.  La voici en pleine promenade sur le dos d'un

Avec ses petits niveaux à l’heure où les blockbusters alignent les mondes ouverts, Ratchet & Clank : Faille à part est plus intéressant dans ses phases de tournage qu’en exploration. Nous affrontons régulièrement des adversaires de plus en plus coriaces et des stratégies diverses. Pour faire face aux vagues d’assaillants, qui peuvent nous submerger de leur nombre ou nous assommer rapidement en raison de leur puissance de feu, il est particulièrement important de stocker votre arsenal.

On arrive alors à l’élément le plus ludique de la saga : ses armes folles. Il s’agit donc de s’équiper d’un fusil à ricochet qui permet de frapper plusieurs fois un adversaire en augmentant les dégâts à chaque fois, ou d’un fusil frigorifique qui transforme les monstres en glaçons.

Plus on progresse, plus on récupère des boulons qui nous permettent de nous équiper de nouvelles bômes. Et tant que nous prenons le temps de collecter des cristaux de raritarium sur notre passage, nous pouvons augmenter la puissance et les effets de nos fusils.

Choisir ses armes permet d’affiner une stratégie pour tuer les boss les plus résistants. Par exemple, nous avons dû augmenter au maximum les capacités de notre Topiary Sprinkler pour nous imposer face aux robots pirates dans une arène. Cette arme, qui se déploie comme la buse d’un système d’arrosage automatique, pulvérise un jet qui transforme temporairement les ennemis en plantes. Une fois immobilisés, quelques coups de Negatron Collider ou de Lightning rod nous ont alors suffi pour vaincre ces adversaires récalcitrants.

Bref, ce mélange de phases d’action et d’exploration fonctionne à plein régime. On regrette que les moments les plus expérimentaux (comme les phases de hacking très réussies) soient trop rares. Mais opéra de l’espace plein de rebondissements ne connaît pas de temps d’arrêt.

Du pur divertissement

Un jeu sans temps d'arrêt et plein d'amusement.

Derrière l’humour rafraîchissant et les personnages attachants, il ne faut pas s’attendre à plus que du pur divertissement conçu pour la Playstation 5. Par exemple, son univers semble profondément manichéen et on regrette que Rivet et Ratchet soient complètement interchangeables.

Les deux personnages, présentés comme « bidimensionnels », répondent aux mêmes commandes. Ils sautent, courent sur les murs ou esquivent de la même manière. Même les armes et armures collectées pour l’un sont disponibles pour l’autre. Parfois on finit même par oublier si on a joué l’un ou l’autre dans certaines séquences de l’aventure.

Enfin, la formule dépoussière cette franchise qui a connu ses heures de gloire dans les années 2000 et qui se faisait plus rare (le dernier épisode, un reboot, datait de 2016). Ratchet & Clank : Faille à part répond parfaitement au cahier des charges de présenter la saga à de nouveaux joueurs sans offenser les fidèles. Un jeu parfaitement maîtrisé, même si la plupart du temps assez fluide.

Examen des pixels

C’est plus pour toi si

  • Vous aimez les jeux de plateforme et de tir sans prise de tête
  • Vous êtes un passionné de la série
  • Les jeunes membres de la famille veulent jouer à des jeux d’action

Ce n’est plutôt pas pour toi si

  • Vous n’avez pas de PS5
  • Vous penchez plus vers Âmes sombres que pour Histoire de jouet
  • Vous n’êtes pas prêt à passer quinze heures en compagnie d’animaux mignons et de robots rigolos

Nous avons aimé:

  • Un jeu sans temps mort et plein de rebondissements
  • Tuez des tonnes de monstres avec des armes farfelues
  • Sapristi, comme c’est beau !

On a moins aimé :

  • La formule finalement classique
  • Rivet et cliquet sont interchangeables
  • Un jeu assez manichéen

Note en pixels :

8 000 boulons sur les 10 000 nécessaires pour acheter une pelle

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