June 22, 2021

L’issue très incertaine de huit années de guerre au Sahel

Plus de huit ans se sont écoulés depuis le 11 janvier 2013 et l’annonce par la France de son entrée en guerre au Mali, « À la demande des autorités » local. Les objectifs de l’intervention reposaient alors, selon François Hollande, sur un triptyque simple : mettre un terme aux groupes djihadistes qui contrôlent le nord du pays et “Menacer”, depuis la prise de la ville de Konna un jour plus tôt, pour fondre au sud, « Sécuriser Bamako, où nous avons plusieurs milliers de ressortissants » et « Permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale ».

Huit ans plus tard, alors qu’Emmanuel Macron annonçait, jeudi 10 juin, “La fin de l’opération” Barkhane “” Et un « Une profonde transformation de notre présence militaire » dans la région, dont les détails exacts doivent être précisés avant la fin du mois, les objectifs de guerre sont loin d’être atteints.

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Une fois que le charme initial d’une intervention de courte durée s’est dissipé – au début, certains dirigeants ont prédit avec confiance que ce serait “Terminé au plus tard en avril [2013] » – L’opération « Serval » est devenue « Barkhane » en août 2014. La mission s’est ensuite étendue à cinq pays – Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso et Tchad – et les effectifs sont progressivement passés de 3 000 à plus de 5 000 soldats. Mais pour quels résultats ?

Présence djihadiste étendue aux pays voisins

Les groupes, affiliés à Al-Qaida ou, depuis 2016, à l’organisation État islamique, ne sont plus en mesure de conquérir militairement Bamako, s’ils l’ont jamais été, mais, effet pervers de la pression militaire exercée sur eux, leur la présence s’est étendue bien au-delà des confins du désert du nord du Mali. Les zones rurales du Burkina Faso ou de l’ouest du Niger vivent désormais largement sous leur contrôle. Le nord de la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et l’est du Sénégal sont aujourd’hui dans leur viseur.

« Les djihadistes ont d’abord cherché des zones de repli qui sont ensuite devenues des points d’appui. En fait, nous avons heurté une bulle de mercure qui s’est dispersée en de multiples petites boules qui n’ont cessé de grossir. », explique un observateur de la région. Les métropoles de la côte ouest-africaine savent désormais qu’elles sont sous la menace latente d’un attentat.

La « neutralisation », selon la terminologie en vigueur, des leaders historiques du maquis algérien, a également eu pour effet de promouvoir des personnalités de la région, permettant de mettre un peu plus en logique la lutte globale des deux organisations centrales. des insurrections locales. Depuis 2017, les deux figures majeures du djihad au Sahel sont Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa, deux Maliens dont les récits et discours résonnent chez certains de leurs concitoyens. Paris en a fait les cibles prioritaires de l’opération « Sabre », menée par les forces spéciales en parallèle de « Barkhane ». En vain jusqu’à présent. La stratégie d’élimination des chefs djihadistes n’a produit aucune amélioration de la sécurité sur le terrain.

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