June 25, 2021

les partis de gauche veulent « se compter » avant la présidentielle de 2022

Séparé, mais pas divisé. C’est l’esprit de la stratégie de la gauche pour les élections régionales avant le premier tour du 20 juin. Ainsi, dans une seule région, les Hauts-de-France, l’union est parfaite, toutes les forces de gauche se retrouvant sur la liste conduite par l’écologiste Karima Delli. Mais ceci est une exception.

Partout ailleurs, les alliances sont à géométrie variable. Un peu comme si cette famille politique voulait tester toutes les formules, mais aussi se compter, à un an de la présidentielle. La bataille pour l’hégémonie à gauche entre ses trois pôles – socialiste, écologiste et « insoumis » – a, en effet, rendu impossible tout rapprochement sérieux, malgré l’aspiration à l’unité de son électorat.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Mélenchon dérapages, fractures sur le régalien : la gauche en remorque

Il y a donc un risque qu’il y ait beaucoup de perdants au soir du premier tour. Parce que tous les partis ne sont pas égaux dans cette élection. Si Europe Ecologie-Les Verts (EELV) entend confirmer la dynamique née lors des européennes de 2019 et des élections municipales de 2020, c’est au Parti socialiste (PS) de sauver ses cinq régions. La France insoumise (LFI), elle veut en profiter pour se remettre au centre du jeu politique. Quant au Parti communiste (PCF), il espère gommer l’échec des régionales de 2015 et reconquérir nombre de conseillers régionaux.

  • Le PS veut sauver ses régions

Les tentatives d’alliances lancées dans tous les sens par Olivier Faure ont fait long feu. Alors que pour le premier secrétaire du PS, les régionales devraient constituer le premier moment politique de la démonstration que l’unité de la gauche était possible et pouvait mener à la victoire – à condition, à ses yeux, d’être unie dès le premier tour du scrutin. – les discussions ont systématiquement buté sur la volonté des écologistes de se compter. Il y a certes eu – hors Hauts-de-France – un mariage dans le Grand-Est, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Normandie, mais il s’est souvent fait dans la douleur. Dans le reste des neuf autres régions métropolitaines, les accords unitaires n’étaient que partiels. « L’alliance est résiduelle. Nous n’avons pas réussi à construire l’histoire d’une gauche unie qui veut gagner », reconnaît le numéro un du PS.

Pour les socialistes, ce scrutin régional – tout comme celui des départementaux – est vital. Ils doivent conserver les cinq régions qu’ils dirigent (Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Bretagne, Centre-Val de Loire et Bourgogne-Franche-Comté) s’ils veulent éviter de donner l’image d’une force en déclin. Deux de leurs fiefs sont menacés par la montée du Rassemblement national (RN) : la Bourgogne-Franche-Comté dirigée par Marie-Guite Dufay et le Centre-Val de Loire présidé par François Bonneau.

Vous avez 61,37% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.

find out