June 22, 2021

Le Trésor américain sanctionne quatre proches du président Ortega

La liste des proches de Daniel Ortega mis sur liste noire par les Etats-Unis s’est allongée, après une séquence politique marquée par l’arrestation arbitraire de plusieurs candidats de l’opposition à la présidentielle de novembre. Mercredi 9 juin, le Trésor américain a décidé de sanctionner quatre membres de l’entourage du président du Nicaragua, dont sa fille, Camila Antonia Ortega Murillo, coordinatrice de la Commission pour l’économie créative, et le président de la Banque centrale, Leonardo Reyes. Un membre de la commission électorale du pays et un général de l’armée figurent également parmi ceux identifiés par Washington comme des partisans actifs de M. Ortega.

Désormais, ces hauts fonctionnaires n’ont plus accès aux propriétés et aux entreprises qu’ils possèdent sur le sol américain. Toute entité opérant aux États-Unis n’a plus le droit d’effectuer aucune transaction financière avec eux. “C’est une façon de frapper le régime dans le portefeuille, explique Gilles Bataillon, sociologue à l’École des hautes études en sciences sociales et spécialiste du Nicaragua. Ces élites sandinistes sont fascinées par lale mode de vie américain et avoir de l’argent et des biens aux États-Unis. “

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Dans un communiqué, le Trésor américain a déclaré qu’il poursuivait sa politique de sanction de ceux qui « Soutenir le régime Ortega », coupable selon lui d’avoir « A porté atteinte à la démocratie, violé les droits humains des civils et mis en œuvre des lois répressives avec de graves conséquences économiques ». Mmoi Ortega Murillo est notamment critiquée pour son rôle de conseillère auprès de son père, président, et de sa mère, Rosario Murillo, vice-présidente depuis janvier 2017. Quant à M. Reyes, les autorités américaines l’accusent d’avoir, comme chef de la banque centrale, a fait appliquer une loi assurant à l’État un contrôle encore plus strict sur une économie en proie à des autorités corrompues.

Vague d’arrestations

Au-delà des responsables de ces sanctions, l’administration Biden souhaite exprimer sa désapprobation de la répression subie par les figures de l’opposition nicaraguayenne. Ces derniers jours, le régime de M. Ortega a en effet arrêté quatre candidats à la prochaine élection présidentielle, prévue le 7 novembre. Première victime de cette vague d’arrestations : Cristiana Chamorro, journaliste influente et fille de l’ex-présidente Violeta Barrios de Chamorro (1990- 1997).

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Son assignation à résidence, mercredi 2 juin, a suscité une grande émotion chez les défenseurs des droits de l’homme et de la démocratie. La perspective d’un vote interdit aux forces de l’opposition semble de plus en plus réaliste. Une telle situation serait une première depuis le retour de M. Ortega, leader de 1979 à 1990, puis revenu au pouvoir en 2007,

Peu de temps après l’officialisation des sanctions, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a demandé sur Twitter le “Lancement immédiat” leaders de l’opposition, précisant que les nouvelles mesures visaient à punir « Ceux qui commettent des attaques contre le peuple nicaraguayen ». Le même jour, les autorités nicaraguayennes ont poursuivi leur vague d’arrestations en arrêtant un nouvel opposant, José Pallais, membre d’une alliance de partis également interdite d’élection en novembre.

Il semble donc que ces sanctions ne puissent pas arrêter les dérives autoritaires du régime de M. Ortega à court terme. Pourtant, Gilles Bataillon estime qu’elles risquent de l’affaiblir plus durablement, « En lui compliquant les choses d’un point de vue pratique » et finalement créer des tensions internes.

Avec ces sanctions, l’administration Biden s’inscrit dans une certaine continuité avec Donald Trump (2017-2021). Au cours de son mandat, l’ancien président américain a également pris des mesures contre des membres importants du régime, dont le vice-président Rosario Murillo, qui s’est vu interdire de commercer ou de posséder des biens sur le sol américain au lendemain de la répression sanglante des manifestations aux États-Unis. opposition à partir du printemps 2018.

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Après l’élection de M. Biden, l’opposition nicaraguayenne avait compté sur l’élu démocrate pour maintenir la pression sur M. Ortega. Cinq mois après son entrée en fonction, l’administration du nouveau président américain signe sa première grande décision contre le régime nicaraguayen.

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