June 21, 2021

En Algérie, les élections législatives peinent à convaincre une opinion désabusée

Soufiane Djilali y croit. Mots lâches et gestes fluides, le candidat du parti Jil Jadid – issu du courant démocrate – aux législatives de samedi 12 juin, en Algérie, se veut optimiste. Depuis son bureau niché dans une ruelle de Zéralda, banlieue ouest d’Alger aux plages réputées, le vétérinaire lancé en politique depuis trois décennies affirme que « Quelque chose joue ».

Alors que la participation s’annonce minime en raison du boycott du scrutin par les partisans du Hirak (mouvement de contestation anti-régime), M. Djilali voit surtout dans ces élections « Le début d’un processus ». « Les Algériens ont compris que les caciques de l’ancienne Assemblée avaient été supprimés et que le prochain Parlement sera largement renouvelé », souligne-t-il.

Jeudi soir, l’arrestation à Alger du militant politique Karim Tabbou et des journalistes Khaled Drareni et Ihsan el-Kadi a toutefois offert une toute nouvelle dimension au climat entourant le scrutin : celle d’un harcèlement répressif des fidèles du Hirak. dont environ 225 sont actuellement détenus.

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Ce rendez-vous électoral est une étape supplémentaire dans la contre-offensive des autorités algériennes visant à neutraliser la dynamique contestataire en Algérie qui, après avoir obtenu le départ en avril 2019 de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, avait généralisé sa revendication autour de l’exigence d’un « Départ du système ». Déstabilisé dans un premier temps, le régime a commencé à se redresser avec l’élection en décembre 2019 d’un nouveau chef de l’Etat en la personne d’Abdelmadjid Tebboune, ancien ministre du Logement et Premier ministre avec un mandat éclair (moins de trois mois) en 2017. La consultation a été largement ignorée avec un taux de participation d’à peine 40 %.

Mouvement des « indépendants »

Puis la Constitution a été révisée en novembre 2020 en vue d’établir, selon la rhétorique officielle, un « La nouvelle Algérie libérée de l’autocratie », conforme aux exigences de « Hirak populaire original », formule à laquelle se réfère expressément le préambule de la nouvelle Loi fondamentale. La participation a été encore plus médiocre (23,7 %), signe d’une perplexité générale face à la « feuille de route » de M. Tebboune.

Enfin, ces élections législatives du 12 juin devraient faire émerger un personnel parlementaire renouvelé – plus jeune, féminisé et plus qualifié – afin de convaincre les Algériens que leur pays a vraiment changé d’ère. « La nouvelle Algérie émerge d’un champ de ruines et de mines hérité du régime déchu », proclame le quotidien officiel Les moudjahidines.

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