June 21, 2021

ces femmes qui ont dû revoir leur projet

En 2012, Hannah (le prénom a été changé) avait 34 ans lorsqu’elle entendit le candidat François Hollande évoquer, en pleine campagne présidentielle, sa volonté d’ouvrir la procréation médicalement assistée (AMP) à toutes les femmes. Près de dix ans plus tard, la loi de bioéthique contenant la mesure est examinée en troisième lecture à l’Assemblée nationale jusqu’au 11 juin, en vue d’une adoption définitive avant l’été.

Pour le quadragénaire de Blois, en couple avec Myriam depuis quatre ans, « Il est maintenant trop tard ». Après avoir attendu en vain que la loi lui permette de recourir à la médecine pour réaliser son rêve de fonder une famille, puis s’être résolue à se lancer dans un voyage infructueux à l’étranger, la salariée de la fonction publique parvient aujourd’hui à le dire sans sangloter : « Nous n’aurons pas d’enfants. “

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Comme Hannah et son compagnon, combien sont ces femmes qui ont renoncé à devenir mères, à force d’attendre que la loi évolue ? Dans son essai Génie lesbien (Grasset, 2020), la militante féministe Alice Coffin, élue écologiste au Conseil de Paris, rappelle les années d’atermoiements politiques « Au cours de laquelle la possibilité d’avoir un enfant s’est évanouie pour des milliers de femmes. Moi y compris. “

” N’attend pas “

Depuis deux ans, la question revient régulièrement dans les associations de défense des droits LGBT : « Les couples lesbiens nous demandent : attendons-nous ? “, assure Véronique Cerasoli, porte-parole de l’association SOS Homophobie en charge de la procréation assistée, qui se souvient parfaitement de l’année 1994, date de la première loi de bioéthique. « J’avais 19 ans, et j’ai vu la PMA proche des lesbiennes et des célibataires », confie-t-elle, avant d’ajouter : «Je ne le vois toujours pas rouvrir en juin 2021, pourtant j’ai entendu des dizaines de politiciens promettre qu’il serait voté dans les six prochains mois. “

Aux femmes qui l’interrogent, Laurène Chesnel, déléguée famille au sein de l’Inter-LGBT, a décidé de dire : « Si vous voulez un enfant maintenant, n’attendez pas. “ Elle, qui suit les discussions depuis 2018 autour de l’actuel projet de loi sur la bioéthique, porteur de cette promesse d’ouverture de la PMA, s’excuse : « Nous laissons les personnes concernées dans l’embarras, devant tricoter en marge de la loi. “

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Au fil des années, de nombreuses femmes empruntent d’autres chemins pour tenter de réaliser leur désir de maternité. Au terme de ce voyage, certains abandonnent, d’autres s’y préparent. Manon, Hélène, Hannah et Marion, qui ont répondu à un appel à témoignages lancé sur le site de Monde, sont tous partis à l’étranger pour tenter leur chance.

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