June 22, 2021

Au Pérou, toujours pas de vainqueur officiel, mais Pedro Castillo se rapproche de la victoire

Chaque jour, le feuilleton du résultat de l’élection présidentielle du dimanche 6 juin tient 33 millions de Péruviens en haleine. Et chaque jour, son lot de rebondissements repousse l’épilogue. Jeudi soir 10 juin, le pays n’avait toujours pas de vainqueur officiel.

Le candidat de la gauche radicale, Pedro Castillo, enseignant de campagne et syndicaliste, distance son rival de droite de quelque 62 000 voix et devrait être le prochain président. Mais Keiko Fujimori, qui se présentait pour la troisième fois à une élection présidentielle, a décidé de tout faire pour lui barrer la route.

Elle qui avait déjà dénoncé des soupçons « Preuve de fraude », “Systématique”, au lendemain du scrutin, sans aucune preuve, réitère. Elle dépose désormais sa dernière carte : elle réclame la nullité de centaines de bureaux de vote et l’annulation de milliers de bulletins de vote, aidée par une armada de grands cabinets d’avocats.

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« Nous avons reçu beaucoup d’informations au cours des dernières quarante-huit heures, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse mercredi soir, scrupuleusement analysé par [notre] Équipe juridique. (…) Force populaire [le parti de la candidate] présente des mesures pour invalider 802 bureaux de vote [représentant] environ 200 000 voix (…) qui doit être retiré du compte final. “ Ses avocats invoquent de prétendues fausses signatures de membres des bureaux ou la falsification de résultats, sans apporter de preuves pour le moment.

Ouverture d’une bataille judiciaire

Une annonce qui ressemble à un geste de désespoir et qui n’a pas surpris ses adversaires. Déjà en 2016, lors du second tour face à Pedro Pablo Kuczynski, elle avait attendu plusieurs jours avant de reconnaître sa défaite. Sur les réseaux sociaux, de nombreux commentateurs politiques ont ironisé ces derniers jours : « La grande nouvelle aurait été qu’elle n’a pas contesté les résultats. “

Des observateurs indépendants, internationaux comme nationaux, ont réitéré leur confiance dans le scrutin, se félicitant de son bon déroulement. Néanmoins, une bataille juridique s’ouvre : celle de l’examen de centaines de milliers de bulletins contestés qui pourraient repousser encore de plusieurs jours, voire semaines, l’annonce officielle des résultats.

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Le candidat de droite Keiko Fujimori assiste à une conférence de presse à Lima le 10 juin 2021.

Les manœuvres de Keiko Fujimori, critiquées comme antidémocratiques, sont un pari incertain. Aussi, le procureur anti-corruption José Domingo Perez, le même qui a requis, en mars, trente ans de prison contre lui dans l’affaire du financement secret de ses précédentes campagnes électorales, demande son retour en prison pour avoir enfreint les règles. . de sa libération sous caution, obtenue en mai 2020 grâce à l’épidémie. Mmoi Fujimori s’est en effet présenté ces derniers jours aux côtés d’un des témoins du procès alors qu’il lui était interdit d’entrer en contact avec eux.

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