June 21, 2021

Un G7 à Cornwall à tester pour Boris Johnson

Deux jours à Carbis Bay, du vendredi 11 au dimanche 13 juin, dans un hôtel spa avec vue imprenable sur une plage de sable doré, protégé des intrus par 5 000 policiers, le Service de renseignement MI5 et le porte-avions HMS Prince de Galles rayer. Au menu, beaucoup de poisson et quelques fromages locaux, et même des brochettes de guimauve pour les plus téméraires, lors d’un barbecue prévu samedi soir… Boris Johnson a choisi la beauté de la Cornouaille, à l’extrême ouest de l’Angleterre, pour organiser ce G7 dont c’est l’hôte et qui a une importance historique à plus d’un titre.

Premier face-à-face des démocraties les plus puissantes du monde depuis le début de la pandémie, premier tour d’Europe pour Joe Biden, premier grand événement international pour le Royaume-Uni post-Brexit : les enjeux sont nombreux et considérables. Les dirigeants américains, canadiens, japonais, britanniques, français, allemands et italiens doivent prouver qu’ils sont enfin prêts à aider massivement les pays pauvres à vacciner leurs populations, à agir de manière décisive contre le danger climatique, et à convaincre que leur « club des 7 « a encore du sens face à l’affirmation de la superpuissance chinoise, alors qu’elle ne génère que 40 % de la richesse économique mondiale.

Le test est double pour Boris Johnson : il doit faire du G7 un succès et saisir l’opportunité de montrer que le projet post-divorce « Global Britain » avec l’Union européenne (UE) va au-delà d’un slogan creux porté depuis des années par les brexiteurs. Pour ça « Au top du vaccin », comme le décrit l’Elysée, le Premier ministre britannique a fait une promesse : « Vacciner le monde entier d’ici fin 2022 ». « Il s’agira de proposer un vrai plan pour y parvenir », a prévenu l’ex-Premier ministre travailliste Gordon Brown qui, avec une série d’autres dirigeants (ex-Premier ministre Tony Blair ou ex-Première ministre néo-zélandaise Helen Clark) a appelé conjointement le G7 à faire enfin preuve de générosité et à mieux partager ses vaccins avec le reste du monde, alors que moins de 2% des Africains sont vaccinés (contre désormais plus de la moitié des adultes britanniques). « Le G7 peut enfin arrêter cette pandémie. Il y a un besoin urgent non seulement de partager immédiatement les doses excédentaires, mais aussi de garantir des fonds suffisants pour stimuler la production locale de vaccins », Brown a ajouté lors d’une conférence organisée par la Blavatnik School of Government à Oxford.

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