June 25, 2021

les points forts de la conférence de presse d’Emmanuel Macron

A la veille d’une rencontre entre les dirigeants du G7 suivie d’un sommet de l’Organisation pour le Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Emmanuel Macron a tenu lors d’une conférence de presse de deux heures, jeudi 10 juin, les grands axes de sa politique étrangère. politique.

  • Fin progressive de l’opération Barkhane au Sahel

Emmanuel Macron a déclaré jeudi vouloir s’engager « Transformation en profondeur » de la présence militaire française au Sahel en annonçant la « Fin de l’opération Barkhane en opération extérieure » et la mise en oeuvre « Une alliance internationale associant les États de la région » poursuivre la lutte contre le terrorisme et les groupes djihadistes.

« La forme de notre présence, celle d’opérations extérieures impliquant plus de 5 000 hommes, depuis maintenant plusieurs années, n’est plus adaptée à la réalité des combats », il expliqua. La lutte contre le terrorisme se fera «Avec des forces spéciales structurées autour de [l’opération] « Takuba » avec, bien sûr, une forte composante française – avec plusieurs centaines de soldats supplémentaires – et des forces africaines, européennes, internationales », a précisé le président de la République.

Cette décision, dont les modalités et le calendrier devraient être précisés avant la fin juin, est prise une semaine après l’annonce par Paris de la fin de sa collaboration bilatérale avec Bamako au Mali. Emmanuel Macron a, dans le même temps, qualifié de ” erreur “ et de « Mauvaise jurisprudence » la décision de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) de reconnaître le colonel Assimi Goïta, investi président le 8 juin, à la suite du deuxième coup d’État en neuf mois dans le pays.

  • Les laboratoires pharmaceutiques appelés à donner 10 % de leurs doses aux pays pauvres

Emmanuel Macron a également abordé la question de l’aide vaccinale pour lutter contre le Covid-19, notamment en Afrique. Sur le continent, qui concentre nombre des pays les plus pauvres du monde et où l’accès aux vaccins est très limité, le président souhaite que le G7 entérine l’objectif de « 60 % des Africains vaccinés à la fin du premier trimestre 2022 », défini par l’agence de crise de l’Union africaine. Emmanuel Macron a également avancé l’objectif d’atteindre 40% de la population africaine vaccinée avant fin 2021 grâce à l’aide internationale.

Les Etats ne doivent cependant pas être les seuls à être impliqués : pour le président français, les laboratoires pharmaceutiques doivent aussi donner des doses aux pays pauvres. « Le don de doses effectué par les Etats doit être complété par un don de doses des laboratoires pharmaceutiques », à la hauteur de « 10 % des doses vendues », a défendu le chef de l’Etat.

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La veille, le président américain Joe Biden avait annoncé que les États-Unis feraient don de 500 millions de doses aux pays pauvres dans le cadre de l’initiative Covax d’ici fin 2022. « S’ils sont plus ambitieux que nous [Européens], nous devons rejoindre leur ambition et en faire au moins autant », dit-il, en appelant aux États-Unis de lever leurs restrictions à l’exportation de composants qui, selon eux, ont empêché la production de vaccins dans les pays tiers et sont pour eux la priorité la plus immédiate.

Le chef de l’Etat a également confirmé qu’il soutenait la proposition de l’Inde et de l’Afrique du Sud de suspension temporaire des brevets sur les vaccins, pendant la crise, qui a été saluée par l’ONG Oxfam. Selon lui, il faut s’engager « A l’Organisation mondiale de la santé, à l’Organisation mondiale du commerce, pour que la propriété intellectuelle ne soit jamais un obstacle à l’accès aux vaccins ».

  • Emmanuel Macron rencontrera lundi Recep Tayyip Erdogan

Le chef de l’Etat a annoncé qu’une réunion bilatérale allait avoir lieu avec son homologue turc juste avant le sommet de l’OTAN qui doit débuter lundi à Bruxelles. « Nous le voulions tous les deux. Je pense que c’est une bonne chose, nous avons besoin de nous voir et de partager », a commenté Emmanuel Macron. Nous avons parfois eu des controverses et nous les acceptons, mais quels que soient les désaccords, nous devons toujours parler. “

Les relations entre les deux pays se sont également fortement détériorées en raison de désaccords sur la Syrie, la Libye et plus récemment sur le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie dans le Haut-Karabakh. En octobre, Recep Tayyip Erdogan a interrogé le ” Santé mentale “ de son homologue français, l’accusant d’avoir dirigé une « Campagne de haine » contre l’islam, parce qu’il avait défendu le droit de caricaturer le prophète Mahomet et pour son discours contre le “Séparatisme” islamiste en France.

  • Haine en ligne : « Nous construisons le pire »

Emmanuel Macron a finalement exploité les questions posées sur la gifle qu’il a reçue à Tain-l’Hermitage (Drôme), mardi 8 juin, pour laquelle son auteur a été condamné, jeudi, à quatre mois de prison ferme. Ne pas souhaiter « Exagérer la portée de cet acte », le Président de la République a néanmoins rappelé que « Les violences contre ceux qui détiennent l’autorité publique, soit parce qu’ils sont fonctionnaires, soit parce qu’ils sont des élus de la République, sont inacceptables », avant de continuer : « La haine, la violence civile, se justifient à l’égard des dirigeants, quand on ne peut pas les changer ou influencer leurs décisions. Ce n’est pas le cas de la France. “

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Au cours d’une séquence consacrée à la régulation d’Internet, Emmanuel Macron a abordé le sujet d’un nécessaire cadre international qui « Permettrait de lutter contre une sauvagerie des esprits et de la communication et donc, d’une sauvagerie de notre nouvel ordre public mondial. “ Sur la question de la haine en ligne, le président a déclaré que « Les transformations en profondeur du capitalisme et de l’économie de marché internationale » devait avoir lieu pour « Calmer la racine de la colère, qui est ce sentiment d’injustice ».

Selon lui, « L’utilisation des réseaux sociaux menace par leur fonctionnement, notre vie démocratique ». Avant d’avertir : « Il n’est pas surprenant que les gens, lorsqu’ils sont dans la rue, commencent à se comporter de la même manière qu’ils l’ont fait pendant des heures lorsqu’ils sont derrière ou au téléphone. Nous reconstruisons le pire. “

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