June 23, 2021

“Le relèvement de l’âge de la retraite est plus une réforme en début de quinquennat qu’en fin”

Alors que le gouvernement envisage de relever l’âge légal de départ à la retraite avant la fin du quinquennat, Raymond Soubie, président du groupe Arfilia et de la société de conseil Alixio, estime que “C’est plus une réforme du début du quinquennat que de la fin”. L’ancien conseiller social de Nicolas Sakozy, à la manœuvre en 2010 lorsque l’ancien chef de l’Etat a choisi de porter cette limite de 60 à 62 ans, considère que cette réforme « Sans doute eu des retombées politiques dans l’opinion publique et participé à la défaite de 2012 » de l’ancien président de la République.

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Que penseriez-vous d’une augmentation de l’âge légal de la retraite ?

Pour moi, c’est la seule mesure possible étant donné le déficit actuel et prévisible des régimes de retraite. Le reste n’est pas à la hauteur : c’est du tuyau. En 2010, c’était la première fois en trente ans que ce cap était franchi. La question à se poser est : quand faire cette réforme ? À mon avis, il s’agit plus d’une réforme du début du quinquennat que de la fin. Il faut tellement qu’il ne se gâte pas en le jetant prématurément.

Pensez-vous qu’il existe un chemin de passage aujourd’hui ?

Nous sommes très proches de l’élection présidentielle, sans parler du temps de la campagne. La réforme paramétrique et budgétaire est très différente de la réforme systémique voulue à l’origine par le gouvernement et présentée comme idyllique, où chacun allait trouver à la fois plus de justice et son compte. Et rappelez-vous les débats sans fin qui ont eu lieu autour de l’âge pivot il y a deux ans, qui était une forme drastiquement diminuée d’abaissement de l’âge légal. Le gouvernement a de nombreux sujets difficiles à traiter : sortir du « coûte que coûte » sans trop de dégâts, veiller à relancer la machine économique, veiller à ce que l’adaptation à de nouveaux défis et de nouvelles compétences se fasse… C est énorme. C’est difficile de s’engager sur un sujet comme les retraites qui s’inscrit dans la durée, d’autant plus qu’on ne sait pas quel sera le climat social.

Comment qualifieriez-vous ce climat ?

Aujourd’hui, c’est apparemment calme mais ce n’est pas anormal dans la période que nous avons connue, la priorité étant à la lutte contre le Covid et ses conséquences économiques et sociales immédiates. Demain, la reprise va sans doute s’accélérer. C’est à ce moment que des tensions sont susceptibles d’apparaître, puisque l’Etat devra progressivement réduire les aides qu’il accorde. Certains se sentiront alors en réelle difficulté. Un sentiment d’injustice peut naître. Mais en matière sociale, le pire n’est jamais certain, d’autant que le gouvernement fera toute son attention pour éviter les troubles sociaux pendant la campagne présidentielle.

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