June 25, 2021

Le Parlement européen appelle le Maroc à mettre fin à sa “pression” sur l’Espagne

Le Parlement européen a voté à une large majorité (397 pour, 85 contre), avec de nombreuses abstentions (196), jeudi 10 juin, une résolution appelant le Maroc à cesser ses « pression » sur l’Espagne en organisant le passage massif de ses ressortissants vers l’enclave espagnole de Ceuta. Environ 10.000 personnes ont réussi à entrer dans la ville frontalière les 18 et 19 mai, profitant de l’assouplissement des contrôles côté marocain. Depuis, 8 000 d’entre eux ont été renvoyés au Maroc. Parmi les 2 000 personnes qui y restent, 1 100 mineurs ne peuvent pas être expulsés en vertu de la loi espagnole.

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Les députés rappellent que le phénomène n’est pas lié à la question migratoire mais à l’accueil en avril, par l’Espagne, de Brahim Ghali, leader des séparatistes sahraouis du Front Polisario. Arrivé pour soigner les complications liées au Covid-19, il est désormais rentré en Algérie.

Le Parlement demande notamment le retour rapide des mineurs dans leurs familles, conformément à la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant. La résolution visait toutefois avant tout à assurer l’Espagne du soutien de ses partenaires et à apporter une réponse coordonnée à une question qui, soulignent ses auteurs, ne se limite pas à une relation conflictuelle entre Rabat et Madrid, mais concerne l’ensemble de l’Union européenne. (UE).

Le Maroc, un « partenaire privilégié »

Les institutions européennes avaient jusqu’ici fait preuve d’une grande prudence afin de ne pas compliquer les relations avec le Maroc, « Partenaire privilégié » de la politique de voisinage au sein de laquelle il bénéficie, depuis 2008, d’un « statut avancé ». Le royaume est le troisième bénéficiaire des fonds européens alloués à cette politique.

Rabat est également présentée comme un pion essentiel dans la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue. La Commission et le Conseil européen se sont donc bornés à rappeler quelques principes, dont l’inviolabilité des frontières extérieures de l’Union, et à évoquer la position des Vingt-sept sur le Sahara occidental : sur la base des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, il défenseurs « La recherche d’une solution négociée » à ce conflit.

Pas question donc d’imiter les Etats-Unis qui, à quelques jours de la fin du mandat de Donald Trump, avaient reconnu la souveraineté du Maroc sur l’ensemble du territoire du Sahara occidental. Et le texte ne fait pas allusion à la menace d’une éventuelle rupture des relations diplomatiques avec l’Espagne, évoquée par Rabat.

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