June 23, 2021

le front républicain contre l’extrême droite menacé d’effondrement

Ce jeudi 3 juin, Emmanuel Macron achève la première étape de son tour de France post-crise sanitaire à la préfecture de Cahors. Élus locaux et parlementaires s’entretiennent à huis clos avec le chef de l’État. Le maire socialiste de la ville, Jean-Marc Vayssouze-Faure, lance dans la discussion le sujet des élections régionales des 20 et 27 juin : il veut savoir quelles instructions l’Elysée donnera aux troupes de la République en marche ( LRM) au soir du premier tour s’il y a un risque de victoire pour le Rassemblement national (RN).

« Je demanderai aux forces républicaines de rester solidaires », assure Emmanuel Macron, qui refuse de préciser si cela pourrait entraîner un retrait pur et simple des listes majoritaires. « Je prendrai la mesure de la situation le moment venu », échappe au président de la République. Pas question de saborder en principe malgré sa posture d’opposant résolu du RN. Est-ce à dire que le front républicain serait “Mort”, pour reprendre l’expression de son conseiller politique, Stéphane Séjourné ?

A dix jours du scrutin, la question occupe les débats en coulisses et dans les médias. Depuis l’émergence du Front national dans les urnes il y a plus de trente ans, les élections régionales ont souvent été un test de la force du barrage républicain contre l’extrême droite. Le rendez-vous de 2021 pourrait créer une brèche, tant les différents partis, droite, gauche et centre, semblent avoir perdu leurs repères face à la formation de Marine Le Pen, qui s’est donnée en tête des sondages dans six régions. métropoles sur treize.

Une « fusion technique »

Nous ne sommes plus en 1986, bien sûr, lorsque deux présidents de région UDF – Jean-Claude Gaudin en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) et Jacques Blanc en Languedoc-Roussillon – prennent des responsabilités main dans la main avec le FN. . L’affaire s’est alors jouée dans un relatif anonymat. Douze ans plus tard, en 1998, cinq présidents de région de l’UDF sont élus sous les projecteurs à l’aide de voix frontistes, provoquant un tollé monumental sur la scène politique. Dans le sillage de Jacques Chirac, la droite et le centre se sont alignés sur une ferme opposition au parti de Jean-Marie Le Pen. Depuis, la digue tient du mieux qu’elle peut.

Lors des élections régionales de 2015, le Parti socialiste (PS) a dû retirer ses listes au second tour dans Nord-Pas-de-Calais-Picardie et PACA pour empêcher les victoires de Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen. Un scénario d’effacement dont presque personne ne veut aujourd’hui.

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