June 23, 2021

La mort de Julie Douib, symbole du féminicide, lors des meetings à Bastia

Ce n’était pas seulement un numéro anonyme, le trentième, à figurer sur les 146 féminicides dénombrés en France en 2019. Le nom de Julie Douib, tuée à 34 ans à L’Ile-Rousse (Haute-Corse), a soulevé l’opinion publique. avis au point d’être l’aiguillon du Grenelle sur les violences conjugales (du 3 septembre au 25 novembre 2019). C’est « Un cas d’école », dit un magistrat.

Pourtant, ce n’est pas seulement le procès d’un symbole qui s’ouvre à Bastia du jeudi 10 au mercredi 16 juin devant la cour d’assises de Haute-Corse, mais celui de Bruno Garcia-Cruciani, 44 ans, accusé du meurtre de la jeune femme, mère de famille. de leurs deux fils, aujourd’hui âgés de 13 et 10 ans. L’homme, qui semble avoir été interpellé, s’était rendu à la gendarmerie de L’Ile-Rousse le 3 mars 2019, à 11h25, moins d’une demi-heure après avoir tiré trois fois avec son automatique Glock 17 calibre 9 mm parabellum sur Julie Douib, dans son appartement situé dans la petite ville balnéaire.

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Si Bruno Garcia-Cruciani a déposé son arme et ses aveux sur le pupitre militaire, il a nié avoir formé un projet criminel : la question de la préméditation pour laquelle il risque la réclusion à perpétuité sera au cœur des débats. Le dernier coup alors que la victime était au sol, blessée, recroquevillée sur son balcon et se protégeant avec sa main, “On dirait une exécution”, résume l’ordonnance de mise en accusation qui Le monde a pu consulter. Dans un dernier souffle, la victime se confie à son voisin du dessous, alerté par le crash et qui croise subrepticement Bruno Garcia-Cruciani dans les escaliers de la résidence : “Il m’a tué. “

Longue descente aux enfers

L’enquête a relevé que ce dernier avait pris soin d’équiper la bouche de son pistolet d’un silencieux, mais avait également effectué des recherches sur Internet deux jours plus tôt avec les mots-clés « Peine pour homicide ». Il avait consulté en ligne depuis le 6 février 309 pages relatives aux voyages, se demandant notamment comment « S’installer en Thaïlande » ou être curieux de connaître la météo à Marrakech.

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Bruno Garcia-Cruciani avait aussi auparavant mis en vente ses deux voitures sur un site internet et avait proposé des billets d’avion à sa sœur et son beau-frère, habitant Toulon, afin qu’ils puissent venir passer le week-end. du 3 mars en Corse et s’occuper de ses deux garçons. Enfin, il avait confié à des proches sous l’emprise de la colère « Qu’il allait la tuer », menaçant également de sa colère l’homme avec qui son ex-petite amie est récemment sortie ou déclarant qu’il allait “Finir à la prison de Borgo”, près de Bastia.

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