June 23, 2021

La chancelière autrichienne mise en examen pour “faux témoignage”

Ce sont des textes que Sebastian Kurz n’a certainement jamais prévu de rendre publics. Mais depuis le début du printemps, la publication à un rythme soutenu dans les médias autrichiens des échanges du chancelier conservateur de 34 ans et de son entourage a ébranlé comme jamais le pouvoir des talentueux jusque-là. prodige (« Enfant prodige ») de la droite autrichienne, qui dirige ce pays d’Europe centrale depuis 2017.

Sur la base de leur contenu, le parquet autrichien des finances et de la lutte contre la corruption a décidé d’ouvrir début mai une enquête préliminaire pour « faux témoignage » visant M. Kurz. Les procureurs le soupçonnent d’avoir menti sur la nomination d’un de ses proches à la tête de la holding gérant les participations de l’État, ÖBAG, en 2019. Alors qu’il avait assuré devant une commission parlementaire qu’il n’était que “Informé” du processus de nomination à ce poste le plus rémunérateur du pays, les messages du chancelier ont montré qu’il avait directement promis au candidat que “De toute façon, vous pouvez avoir ce que vous voulez” avec plein de smileys.

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“Je suis si heureux, j’aime mon chancelier”, a alors répondu Thomas Schmid. Déjà affaibli par la publication de ces échanges, ce dernier a été contraint de démissionner de la direction de l’ÖBAG mardi 8 juin, après la révélation de nouveaux messages dans lesquels il demande notamment un passeport diplomatique pour éviter « Voyagez comme la population ». Le 3 juin, c’est l’ancien ministre de la justice Wolfgang Brandstetter, également membre du Parti populaire autrichien (ÖVP) de M. Kurz, qui avait auparavant été contraint de démissionner du Conseil constitutionnel après la publication d’entretiens avec un ancien procureur en chef du ministère de la Justice, où ce dernier suggère « Exporter à Cuba » la Cour constitutionnelle, accusée de prendre des décisions trop à gauche.

Accusations de népotisme

Tous ces personnages ont en commun d’être membres de l’entourage direct de M. Kurz et d’être liés à diverses enquêtes de corruption lancées par la justice autrichienne sur son premier gouvernement, alors en coalition avec l’extrême droite (2017-2019). Dans le cadre de ces enquêtes, les procureurs ont constaté des milliers d’échanges dans l’entourage de la chancelière. Même s’ils ne sont pas toujours liés aux enquêtes initiales, ces messages ont été en partie transmis à la commission d’enquête parlementaire, qui travaille actuellement sur le même sujet. Sans surprise, le contenu des messages les plus inquiétants a ensuite été relayé dans la presse.

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