June 23, 2021

Faire de sa thèse un spectacle, le pari du concours MT 180

Ce sont 16 funambules qui, jeudi 10 juin à 18h30, s’affronteront pour une traversée de 180 secondes sur le fil. Sept femmes et neuf hommes dans la vingtaine, en compétition pour démontrer un équilibre parfait dans la maîtrise de la science et de l’humour.

Ils sont mathématiciens, historiens, physiciens, écologistes, biologistes… et travaillent pour s’y noyer sur des sujets précis. En guise de soupape pour sortir de leur laboratoire, ces jeunes chercheurs se sont lancés un défi supplémentaire : réussir cet exercice de vulgarisation scientifique et d’apprentissage de la scène qu’est Ma thèse en 180 secondes (MT 180).

Ce concours d’éloquence entre jeunes chercheurs, qui cette année sera également diffusé en ligne, a débuté en 2008 à l’Université du Queensland, en Australie. En 2012, une association québécoise, l’Acfas, a repris le concept de l’étendre à la Francophonie, et a permis le développement de ce concours en France, sous la tutelle de la Conférence des présidents d’université et du CNRS. Depuis, son succès n’a cessé de croître.

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Monter sur scène était une évidence pour Bastien Romero, d’Aix-Marseille Université, également clown et comédien dans la compagnie Houle Douce. « L’humour est l’élément qui me permet de gérer mon stress, de passer les épreuves de la vie », raconte le nouveau docteur en écologie (il a soutenu sa thèse le 31 mars). Alors, passer quatre ans sans accroc à phosphorer sur le « Variation des traits liés au feu et de l’inflammabilité chez deux espèces de pins à germination obligatoire en fonction de différentes fréquences de feu en région méditerranéenne française », décompresser en se lançant seul sur scène était une forme d’exutoire et une continuation.

Pour d’autres, rejoindre l’aventure agit comme une machine à prendre confiance en soi. “Parler en public n’est pas mon activité préférée”, reconnaît Diane Potart, doctorante en biologie cellulaire et physiopathologie à l’Université de Bordeaux. Confronter le trac, le regard des autres, et plus particulièrement de ses pairs, est un défi. « Un défi personnel que je voulais relever », poursuit la jeune femme. Elle a remporté la finale régionale en Aquitaine avant de se qualifier pour la finale nationale.

En quoi consiste l’exercice ? Il s’agit de « Exprimer un sujet de recherche compliqué de manière synthétique et compréhensible pour tous », résume Bastien Romero. Il faut donc écrire avant de jouer. Max Meunier travaille à l’Université Côte-d’Azur sur une nouvelle source de photons uniques, émettant dans les longueurs d’onde télécom et compatible avec le secteur de la photonique sur silicium. Il a fait appel à un journaliste scientifique pour l’aider à écrire sa performance.

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