June 22, 2021

“Envoyé spécial”, sur France 2, suit la piste de la juteuse affaire de l’ignorance

FRANCE 2 – JEUDI 10 JUIN À 21H05 – MAGAZINE

Vingt-sept articles commandés sur Internet et livrés à domicile, au final n’en garder que neuf… Pour Arlette, la pratique des « retours de produits » est très pratique en temps de crise sanitaire. Cette mère de famille ne se pose guère de questions sur le sort des produits qu’elle a rendus à l’expéditeur. Et qui va parcourir, en camion ou en avion, des milliers de kilomètres, être reconditionné pour être remis en vente… ou pas.

L’option « essayer d’abord, payer après » est un argument de vente fort pour les sociétés de e-commerce, Zalando, La Redoute, Amazon et autres, qui ont vu leurs ventes exploser en cette année de confinement répété (+ 38 % en un an). Mais que deviennent les 17 millions de produits ainsi retournés par an, s’interroge « Envoyé spécial » en Chers colis !

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Vente en ligne, livraison… l’engouement pour les colis oblige la ville à se transformer

Pour répondre, parfois avec humour, sans culpabiliser personne, les journalistes ont caché des traceurs GPS dans les colis. Dans la poche d’un manteau acheté sur Zalando qui parcourra 1 600 km à son nouvel acquéreur à Anvers. Dans une boîte à outils acquise auprès d’Amazon, qui parcourra 3 000 km de client en client. Dans le carton d’un aspirateur sans fil, qui ne parcourra « que » 600 km, vers une destination sans retour…

Comprendre la logique commerciale de cette logistique coûteuse – et peu respectueuse des enjeux écologiques – est le défi pour les envoyés spéciaux d’Elise Lucet, à la rencontre des responsables de méga-plateformes, de leurs salariés, syndicalistes, routiers. Alexis Normand, PDG et co-fondateur de la start-up française Greenly, qui évalue l’empreinte environnementale des produits, dédouane le consommateur, qui n’est pas en mesure de“Aligner [son] comportement et [ses] valeurs”. Se comporter de manière plus responsable, c’est être mieux informé, mais lorsque vous effectuez un « retour produit », vous ne savez pas si votre colis « Fait 50 km ou 3 000 km », explique-t-il gentiment.

Mammifère le plus braconné au monde

L’ignorance est également pointée du doigt La malédiction du pangolin, deuxième enquête de la soirée, sur les traces du trafic planétaire de ce savoureux petit animal à écailles – malheureusement : c’est le mammifère le plus braconné au monde !

” Ici [au Congo], il y a l’ignorance, à l’autre bout, l’avarice… Entre les deux, le trafic », résume, fataliste, Adams Cassinga, 38 ans, qui consacre sa vie à la lutte contre les braconniers. Point de départ : Mbandaka, sur les rives du fleuve Congo, où le braconnage est la seule source de revenus pour les jeunes pères. Ils revendent leurs prises entre 1,30 et 1,70 euros pièce à une « maman » – qui les revendra dix minutes plus tard dix fois plus cher ! L’animal se retrouvera dans un restaurant « chic » de Kinshasa, en daube ou en papillote, à 170 euros.

Lire aussi : Sur les traces de la « connexion pangolin »

Petite frite par rapport au reste. En Afrique, certains trafiquants savent qu’en Asie les écailles de pangolin sont achetées à un prix élevé pour de prétendues propriétés médicinales. L’animal a même été, au début de la pandémie, blâmé pour la dissémination du coronavirus sur un marché de Wuhan, avant d’être disculpé.

Un autre circuit, illégal, se déroule alors sous nos yeux, d’un marabout cache-cernes à la « pharmacie de la longévité » de Vine, à 300 km de Hanoï, au Vietnam. La visite d’un sanctuaire vietnamien pour pangolins semble ridicule face au trafic d’écailles, qui se moque des décisions officielles de retirer lesdites écailles de la pharmacopée chinoise.

Chers colis ! et La malédiction du pangolin, deux sondages proposés dans le cadre du magazine « Envoyé spécial », présenté par Elise Lucet. Disponible en replay sur franceinfo.

go to my blog