June 22, 2021

Aux États-Unis, Joe Biden fait face à des premiers obstacles

Après un début de mandat réussi, reflété par un niveau d’approbation jamais atteint en quatre ans par son prédécesseur, Donald Trump, Joe Biden rencontre des premiers obstacles. Dans un communiqué concis, la Maison Blanche a annoncé, mardi 8 juin, l’échec des discussions avec les républicains du Sénat. Leur objectif était de se mettre d’accord sur un ambitieux programme de rénovation des infrastructures présenté fin mars. Un groupe d’élus modérés des deux camps va maintenant tenter d’y parvenir.

Cet échec était devenu inévitable. Un véritable gouffre sépare le président démocrate de son opposition républicaine sur l’ampleur de ce programme et de son financement. Joe Biden veut consacrer sur huit ans plus de 2 200 milliards de dollars (1 807 milliards d’euros) à un plan pour l’emploi qui passe par la rénovation des infrastructures traditionnelles, l’accès universel à Internet haut débit, une meilleure prise en charge des personnes âgées et des dépenses de logement et de recherche. Il entend financer ces investissements en augmentant l’impôt sur les sociétés. Les républicains, pour leur part, s’opposent à toute augmentation de la fiscalité et excluent toutes les dépenses qui ne relèvent pas des infrastructures classiques.

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Après plus d’un mois de négociations, le constat d’échec formulé mardi par la Maison Blanche, qui en blâmait les républicains, ne lie pas les mains de Joe Biden. Parce que son plan comporte des mesures fiscales, il peut en effet recourir à une disposition du Règlement du Sénat qui lui permet d’échapper à l’axe de la majorité qualifiée de 60 voix habituellement nécessaire pour prévenir toute obstruction parlementaire (obstruction). Le Sénat est actuellement divisé en deux camps égaux de 50 voix que seul le vice-président Kamala Harris, également président de l’assemblée supérieure, est en mesure de trancher au profit des démocrates.

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L’unité démocratique mise à l’épreuve

Si le groupe d’élus modérés évoqué mardi ne parvient pas non plus à un accord, même limité aux dispositions traditionnellement les plus consensuelles, les infrastructures physiques, Joe Biden devra cependant convaincre l’élu démocrate le plus centriste, Joe Manchin, élu du Parti républicain. fief de la Virginie-Occidentale, ou de Kyrsten Sinema (Arizona), pour ne pas bloquer un programme sur le succès duquel il compte passer sans trop de dégâts l’écueil des élections de mi-mandat de novembre 2022. Joe Manchin a ainsi émis des réserves sur le l’ampleur de l’augmentation prévue de l’impôt sur les sociétés, qui passerait de 21 % à 28 %.

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