June 21, 2021

Au procès de l’homme qui a giflé Emmanuel Macron, les motivations incertaines d’un inconnu accusé de justice

Une fois que. À deux reprises. Trois fois. Puis une dernière, au ralenti. La gifle infligée deux jours plus tôt à Emmanuel Macron aura été décortiquée sous toutes ses coutures par le tribunal correctionnel de Valence, jeudi 10 juin. L’angle des violences physiques d’abord, jugé “Parfaitement irrecevable” par le procureur de la République Alex Perrin. Mais surtout, l’expression de violence politique presque revendiquée par son auteur, Damien Tarel, à l’audience : « Je me suis senti investi par ce que représentent les « gilets jaunes » exclus juste avant et dont la voix ne pouvait être entendue, et par le peuple français en général. “

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Le Drômois, 28 ans, a été condamné à dix-huit mois de prison, dont quatre mois pour violences volontaires sans incapacité sur personne dépositaire de l’autorité publique. Les quatorze mois restants s’accompagnent d’une période probatoire de deux ans avec obligation de prise en charge psychologique. Le tribunal a ajouté trois peines supplémentaires à son jugement : l’interdiction de détenir une arme pendant cinq ans, l’exercice permanent de toute fonction publique et la privation de ses droits civiques, civils et familiaux pendant trois ans. Menottes aux poignets – un mandat de dépôt ayant été délivré – Damien Tarel est parti en silence, sans qu’on ait encore bien compris le magma idéologique qui a poussé ce jeune homme, totalement inconnu de la justice, à un tel geste.

« Je ne voudrais pas mettre notre démocratie à l’épreuve »

Deux heures plus tôt, le tribunal découvrait ses cheveux longs et son vocabulaire très choisi et réfléchi. Sa dyslexie et son haut potentiel intellectuel diagnostiqués dans l’enfance, avant le traumatisme de la mort de son père, ses années de chômage et de RSA. Mais aussi sa passion pour le Japon, la chevalerie et les combats médiévaux, qu’il met à profit en lançant trois petites associations dans son “Petite ville de campagne mourante” de Saint-Vallier. Et son ” dégoûter “ pour Emmanuel Macron, qui « Représente très bien la chute de notre pays », selon lui. Qui représente principalement l’institution présidentielle et la démocratie française, lui fait remarquer l’un des assesseurs. “Je ne voudrais pas mettre en cause notre démocratie, mais je ne trouve pas qu’il a été élu par l’ensemble de la population française”, rétorque Damien Tarel. Nous voilà.

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Alors, était-il venu à Tain-l’Hermitage (Drôme) ce mardi 8 juin pour gifler le chef de l’Etat ? Non, il était “Pas du tout venu dans cet esprit”, assure l’accusé. vient de lui “Pris en considération” avec son ami Arthur C., également placé en garde à vue mais dont l’implication n’a pas été retenue, pour faire « Quelque chose de remarquable ». Comme porter des gilets jaunes ou brandir un drapeau français, mais il risquait d’être arrêté. Ou jetez-lui un œuf ou une tarte à la crème, mais un ami l’avait prévenu que l’œuf, « Cela pourrait être dangereux », alors il avait abandonné l’idée. Finalement, ce sera la gifle plus ou moins spontanée.

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