June 25, 2021

Au Mexique, le “pour ou contre AMLO” se joue aux urnes

« La transformation du pays est imparable », insiste le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador (« AMLO »), à quelques jours des méga-élections législatives et locales du dimanche 6 juin. L’avenir de son ambitieux programme de réformes se joue au Congrès. Son Mouvement national de régénération (Morena, centre gauche) est le vainqueur. Mais sa victoire pourrait être serrée face au bloc inédit formé par l’opposition contre lui, résumant l’élection de mi-mandat à un virulent « pour ou contre AMLO ».

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C’est le scrutin le plus important de l’histoire de cette République fédérale : les 500 mandats de député, la composition de 30 congrès régionaux, les postes de 15 des 31 gouverneurs, et près de 2 000 fonctions municipales sont en jeu. Deux fonctions principales sont en jeu. les coalitions s’affrontent. Morena, aux côtés du Parti travailliste (PT) et du Parti écologiste vert (PVEM), fait face à une large alliance d’opposition, comprenant même le Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche), l’ancienne formation d’AMLO. “Morena cherche à garder sa majorité au Congrès, ses adversaires à l’en empêcher”, explique Ricardo Uvalle, politologue à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM).

Le parti Morena, favori de l’élection

Depuis sa victoire triomphale à l’élection présidentielle de 2018 (53% des voix), AMLO mène son « Quatrième transformation du Mexique », après l’indépendance en 1810, la réforme (de 1858 à 1961, instauration de la laïcité) et la révolution de 1910. En deux ans et demi, Morena et ses alliés, majoritaires au Congrès, votent une série de réformes : éducation et santé gratuites, apprentissage subventions, pensions universelles, renforcement de la justice, soutien au secteur public de l’énergie, etc.

« C’est la première fois que l’opposition s’unit dans une logique pragmatique de tous contre AMLO » Ricardo Uvalle, politologue

“C’est un changement de régime”, répète AMLO, qui a promis une rupture avec le système clientéliste et corrompu, instauré pendant soixante et onze ans par le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre) jusqu’en 2000, puis maintenu par l’alternance politique du Parti d’action nationale (PAN, à droite), avant le retour au pouvoir du PRI de 2012 à 2018. AMLO souhaite rompre avec « Des politiques néolibérales désastreuses » qui ont accentué les inégalités, dans un pays où la moitié de la population est pauvre. Accusés par le président réformateur, le PAN et le PRI se sont alliés au PRD contre lui. « C’est la première fois que l’opposition s’unit dans une logique pragmatique de tous contre AMLO », note M. Uvalle.

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