June 22, 2021

un village à l’époque islamique

ARTE – SAMEDI 5 JUIN À 18H35 – DOCUMENTAIRE

Les talibans afghans, aux portes du pouvoir après en avoir été chassés fin 2001, on connaît les militaires. Depuis 2018, nous avons aussi pris l’habitude de voir leurs dirigeants négocier la paix à Doha, au Qatar, d’abord avec les États-Unis et, depuis l’automne 2020, avec leurs frères ennemis du régime de Kaboul. Mais, alors que le processus de réconciliation est dans l’impasse, que la pression militaire des insurgés redouble et que les Américains quittent le pays, une question lancinante : à quoi ressemblent les talibans au quotidien ?

Le documentaire Afghanistan : vivre au pays des talibans, diffusée samedi 5 juin sur Arte, puis samedi 12 juin sur France 24, lève une partie du voile. Réalisé par Margaux Benn et Solène Chalvon-Fioriti, il nous emmène en deux heures de route de la capitale, à Omarkheil, un petit village de la province du Wardak (centre), qui a vécu pendant douze ans sous les talibans. Ici, les habitants louent les maîtres du quartier pour la sécurité retrouvée, l’omniprésence des gardes armés, sur le marché, dans les rues ; et dans le sillage des deux réalisateurs…

Procédures expéditives

Les talibans sont en quête de légitimité à l’heure où ils prétendent reprendre les rênes du pays. Si l’école publique a été interdite et les bâtiments détruits, l’éducation est néanmoins dispensée, disent-ils – bien sûr aux garçons, afin d’en faire de futurs talibans, mais aussi aux filles. Ils ne peuvent certes être scolarisés que jusqu’à 12 ans, dans une seule classe, qui propose quatre heures de religion par jour et des cours de mathématiques. Une séquence montre un professeur de sciences face à des jeunes filles, scène impensable à l’époque des talibans, entre 1996 et 2001.

Pour prouver leur tolérance, les insurgés laissent les journalistes interroger une femme médecin instruite et moderne. Venue de la capitale pour travailler au dispensaire, elle se souvient de la dureté de la vie dans ces campagnes afghanes. « Les femmes ici ont toutes des problèmes psychologiques, elles ne sortent jamais et ne portent pas la burqa. “

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Les talibans sont, enfin, fiers de leur justice, rendue au cours de procédures expéditives. Plus rapide et plus revendiqué « Moins corrompu » que le système judiciaire gouvernemental, il lie les soldats talibans et leurs familles. Mais seule la charia (loi islamique) prévaut, y compris la lapidation, l’amputation de la main et la décapitation. « L’existence d’institutions talibanes n’exclut pas la barbarie », souligne le documentaire.

Omarkheil est au cœur d’un monde rural qui ressemble peu aux zones urbaines afghanes

Omarkheil est au cœur d’un monde rural qui ressemble peu aux zones urbaines afghanes, où il n’est pas rare de voir des femmes déambuler, voire conduire, le visage découvert. Ici, la musique est interdite dans les mariages. Les talibans s’immiscent dans le quotidien des habitants sommés de dénoncer des voisins réticents à se rendre à la mosquée. La directrice d’une école publique a dû se réfugier dans la ville d’Herat (ouest) après avoir été expulsée de son village. “Il n’y a pas de plus malheureux que les Afghans”, elle dit.

Ce n’est pas la première fois que les talibans ouvrent leurs portes de cette manière. En juin 2017, une équipe de la BBC a passé quatre jours dans la ville de Musa Qala, l’un de leurs bastions dans le sud du pays. Déjà, à cette époque, les responsables de la communication expliquaient qu’ils étaient soucieux de fournir des services publics à la population et souhaitaient avoir de bonnes relations avec le monde extérieur.

Afghanistan : vivre au pays des talibans, documentaire de Margaux Benn et Solène Chalvon-Fioriti (Fr., 2021, 37 min). Diffusion le samedi 5 juin sur Arte, puis le samedi 12 juin sur France 24. Disponible en replay sur Arte.tv jusqu’au 31 mai 2024.

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