June 25, 2021

soupçon de sonorités policières sauvages dans une enquête sur la bande du Petit Bar

La volonté farouche de la justice et de la police de mettre hors d’état de nuire le gratin de la mafia corse a conduit les services de l’Etat à sortir de la légalité ? Lundi 7 juin, quinze avocats présents dans l’une des plus importantes affaires de criminalité organisée ouverte depuis dix ans contre l’environnement insulaire devaient comparaître devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en. -Provence (Bouches-du-Rhône) pour dénoncer ce qu’ils pensent être un « Abus de procédure ». Parmi les griefs formulés dans les conclusions en annulation des actes de procédure, figure une accusation visant l’usage de moyens techniques extraordinaires déployés contre la bande ajaccienne du Petit Bar, dans une vaste enquête financière.

Nées en avril 2019 d’actes criminels, ces enquêtes portent sur des soupçons de blanchiment d’argent estimés à 48 millions d’euros. Pendant plus de deux ans, les enquêteurs se sont nourris, en grande partie, du fruit des sound systems des lieux fréquentés par les membres de ce groupe redouté en Corse comme à Paris. Des dispositifs d’écoute ont été placés dans les maisons, les chambres d’hôtel et les véhicules. Le résumé de police accompagnant l’ouverture de l’information judiciaire, le 12 avril 2019, reconnaît que « Le dossier trouve son origine dans l’utilisation de sonorisations dans les appartements parisiens ».

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Mais les avocats estiment avoir trouvé des failles qui pourraient porter un coup sévère à cette enquête financière si la chambre de l’instruction fait droit à leurs demandes de nullité. Ainsi, selon M.e Pascal Garbarini, l’appartement parisien de son client Jacques Santoni, soupçonné d’être le chef du Petit Bar, aurait fait l’objet de bruits sauvages, en dehors de tout cadre légal. Et les juges d’instruction auraient aussi tordu la loi pour écouter ce lieu pendant plus de quatre ans alors que la loi limite ce type de mesures coercitives à un maximum de deux ans.

Système de son jamais enlevé

Cet appartement, situé rue de Vaugirard, dans les beaux quartiers parisiens, n’a jamais cessé d’attirer l’attention des policiers chargés de traquer le crime organisé corse. L’état de santé de M. Santoni, tétraplégique depuis un accident de moto fin 2003, est jugé par les médecins incompatible avec la détention. Libre de ses mouvements jusqu’à son interpellation dans cette affaire le 10 janvier, il a séjourné à cette adresse lors de ses déplacements à Paris. Il y reçoit des membres du Petit Barreau, ses amis et connaissances, une mine d’informations potentielles pour la police.

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