June 23, 2021

quatre Néerlandais proches de l’EI remis aux Pays-Bas

Les autorités kurdes en Syrie ont remis, samedi 5 juin, quatre Néerlandais proches de combattants du groupe État islamique (EI), dont trois enfants, à une délégation diplomatique néerlandaise en vue de leur rapatriement, provoquant de vives critiques aux Pays-Bas.

Il s’agit d’une femme et de ses deux enfants – deux garçons âgés de 2 et 5 ans – ainsi qu’une fille de 12 ans, selon des responsables kurdes et néerlandais.

« L’entreprise transfère une ressortissante néerlandaise soupçonnée d’infractions terroristes avec ses deux enfants mineurs, ainsi qu’une victime d’enlèvement international d’enfants, de Syrie vers les Pays-Bas », ont confirmé samedi soir dans une lettre aux députés néerlandais – transmise à l’Agence France-Presse (AFP) – la ministre des Affaires étrangères Sigrid Kaag et le ministre de la Justice et de la Sécurité Ferd Grapperhaus.

« Le suspect sera arrêté à son arrivée aux Pays-Bas et fera face à des accusations criminelles », ajoutent-ils, expliquant qu’un « Opportunité exceptionnelle » s’étaient manifestés pour transférer la femme et ses enfants, alors que de nombreux députés néerlandais se sont indignés de l’opération qui n’avait pas été annoncée sur les réseaux sociaux.

Tamara Buruma, l’avocate de la femme et de ses deux enfants, a confirmé à l’AFP qu’il s’agit d’une femme du nom d’Ilham B., originaire de la ville de Gouda, et de ses deux jeunes garçons.

Lire le rapport : Mort lente de prisonniers djihadistes dans le nord-est de la Syrie

Fortes critiques

La question du rapatriement des proches de Daesh a suscité de vives critiques aux Pays-Bas et divisé le gouvernement démissionnaire, certains défendant une approche humanitaire tandis que d’autres privilégient la dimension sécuritaire. C’est un processus “Incompréhensible”, a déploré la députée libérale Ingrid Michon sur Twitter. « Il est inacceptable et insupportable d’amener ici l’ennemi qu’est Daesh. Ces femmes terroristes ont perdu à jamais leur droit de mettre le pied sur le sol néerlandais., a ajouté le député d’extrême droite Geert Wilders.

Les quatre Néerlandais ont été remis à la délégation, qui comprenait l’envoyé spécial néerlandais en Syrie, Emiel de Bont, et le directeur des affaires consulaires au ministère néerlandais des Affaires étrangères, Dirk Jan Nieuwenhuis.

« Il s’agit d’une mission consulaire très spécifique, que mon gouvernement a décidé d’entreprendre parce que la cour de justice néerlandaise a rendu des jugements dans ces cas précis », a souligné M. de Bont lors d’une conférence de presse.

Selon les autorités néerlandaises, au moins 220 enfants néerlandais vivent en Syrie ou en Turquie voisine, dont 75 % ont moins de quatre ans. Environ 75 d’entre eux, ainsi que 30 femmes néerlandaises et 15 hommes, vivent dans des camps gérés par les Kurdes.

La réticence occidentale

Depuis la chute en mars 2019 du « califat » de l’Etat islamique en Syrie, les Kurdes réclament le rapatriement de milliers de femmes et d’enfants étrangers de jihadistes qu’ils retiennent dans des camps surpeuplés. Malgré ces demandes répétées, la plupart des pays, notamment européens, hésitent à reprendre leurs citoyens. Certains, dont la France, ont rapatrié un nombre limité de mineurs, dont des orphelins. Les Pays-Bas ne font pas exception, rapatriant seulement deux orphelins en 2019.

“La politique générale est que les Pays-Bas n’aident pas les personnes venant des zones de combat”, a expliqué à l’AFP Anna Sophia Posthumus, porte-parole du coordinateur national néerlandais pour la lutte contre le terrorisme et la sécurité.

Mais pour les Kurdes de Syrie, cette réticence occidentale pose un véritable défi, d’autant plus qu’il s’agit d’un enjeu lourd à assumer, tant sur le plan financier que sécuritaire.

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En charge des affaires étrangères de l’administration autonome kurde du nord-est de la Syrie, Abdel Karim Omar a réitéré samedi son appel à la communauté internationale, à « Qu’elle assume ses responsabilités » et qu’elle “Coopérer” avec les Kurdes.

Pour sa part, Mmoi Posthumus a dit qu’il préférerait voir « Un tribunal dans la région » capable de juger sur place les coupables. “Nous avons eu des discussions mais ce n’est que le début”, elle a ajouté.

L’ONU a mis en garde à plusieurs reprises contre la détérioration de la situation sanitaire et sécuritaire dans les camps surpeuplés du nord-est de la Syrie. Un rapport de l’ONU publié en février a noté « Cas de radicalisation, de formation, de collecte de fonds et d’incitation aux opérations extérieures » dans ces camps, notamment celui d’Al-Hol.

« Nous sommes ravis que nos clients soient rapatriés aux Pays-Bas, mais nous aurions préféré que cela se produise plus tôt », une conclusion Mmoi Buruma.

Le monde avec l’AFP

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