June 22, 2021

Mimi Marchand inculpée et placée sous contrôle judiciaire

Placée en garde à vue jeudi, la patronne de l’agence de paparazzi Bestimage, Michèle Marchand, a été mise en examen samedi 5 juin, a annoncé son avocate à l’Agence France-Presse (AFP). Elle est notamment accusée de « falsification de témoins » dans l’affaire du prétendu financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Michèle Marchand, surnommée « Mimi », a également été mise en examen pour « association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée » et placée sous contrôle judiciaire. « Elle conteste fermement les faits allégués », a souligné son avocate, Caroline Toby.

Les magistrats soupçonnent cette femme d’affaires, figure de la presse people, proche des couples Macron et Sarkozy, d’avoir joué un rôle trouble dans l’organisation de l’entretien accordé par Ziad Takieddine à l’hebdomadaire Paris Match, publié en novembre 2020 et accompagné de photos prises par un photographe travaillant pour son agence.

Dans cet entretien, Ziad Takieddine a retiré ses déclarations contre Nicolas Sarkozy, après avoir affirmé que ce dernier avait reçu de l’argent pour sa campagne présidentielle du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. « La vérité est sortie », avait aussitôt triomphé de l’ancien chef de l’Etat.

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Redressements

Deux mois plus tard, interrogé à Beyrouth le 14 janvier par les juges d’instruction Aude Buresi et Marc Sommerer, en charge du dossier libyen, M. Takieddine, connu pour sa polyvalence, a déclaré ne pas avoir confirmé “Pas les mots” de l’entretien, affirmant qu’ils avaient été déformés par Paris Match, qui « Appartient à un ami de Sarkozy ».

Lors de sa garde à vue, Mimi Marchand a admis qu’elle se trouvait à Beyrouth au moment de l’entretien avec Ziad Takieddine. Il « A agi en tant que journaliste qui avait l’exclusivité de cette interview avec M. Takieddine »a déclaré son avocat samedi. « Elle n’a organisé que les photos et l’entretien, dans le cadre de son travail », a expliqué Mmoi Tobie.

Cinq autres personnes ont également été placées en garde à vue jeudi dans le cadre de cette enquête. Le journaliste de Paris Match François de Labarre avait été libéré dans la soirée, sans poursuites à ce stade. Parmi les quatre autres, toujours samedi en fin de matinée devant la justice pour un acte d’accusation, figurent le publiciste Arnaud de La Villesbrunne, ancien directeur de l’agence Publicis, l’homme d’affaires Pierre Reynaud et Noël Dubus, un homme déjà condamné pour fraude.

Selon Le Parisien, Noël Dubus, qui s’est rendu à deux reprises à Beyrouth pour y rencontrer M. Takeddine avant sa rétractation, aurait bénéficié de versements suspects, via Arnaud de La Villesbrunne, qui fut l’un des pourvoyeurs de la campagne présidentielle de M. Sarkozy. Selon le quotidien Libérer, l’homme d’affaires Pierre Reynaud aurait avancé à M. Dubus des fonds à remettre à M. Takieddine.

Le monde avec l’AFP

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