June 23, 2021

En Iran, un premier débat présidentiel mou et aveugle face aux problèmes économiques

L’économie, censée être le sujet principal du premier débat de la campagne présidentielle iranienne, samedi 5 juin, a finalement été rarement évoquée. Pendant trois heures, les sept candidats, dont cinq ultraconservateurs et deux réformateurs, ont presque tout le temps ignoré les questions économiques posées par l’animateur, pour se livrer à des règlements de comptes entre les deux camps.

Principales cibles de ces attaques : le candidat réformateur et ancien gouverneur de la banque centrale, Abdolnaser Hemmati, et le président sortant, Hassan Rouhani, qui achève son deuxième et dernier mandat. « Si je deviens président, j’interdirai à M. Hemmati et à certains chefs de gouvernement de quitter le pays et les traduire en justice, en tant que perturbateurs économiques », a ainsi menacé l’ex-commandant des Gardiens de la Révolution, l’ultra-conservateur Mohsen Rezaï, lors de ce premier débat télévisé.

Figure inconnue du grand public, M. Hemmati ne semble pas, pour le moment, capable de mobiliser les électeurs. Le candidat favori semble, à ce jour, être le chef de la justice, l’ultra-conservateur Ebrahim Raïssi. Les autres candidats ultraconservateurs se retireront, selon toute vraisemblance, peu avant le scrutin en faveur de ce religieux chiite.

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L’inflation (40%) et le chômage élevé (12,4%, un chiffre sûrement sous-estimé), la chute de la monnaie iranienne, le rial (86% en deux ans), ont été évoqués à plusieurs reprises par ces candidats. ultra-conservateurs pour inciter les électeurs à voter pour leur camp.

Le premier mandat du président Rouhani (2013-2017) a été marqué par une relative amélioration de la situation économique du pays, grâce notamment à la signature de l’accord sur le dossier nucléaire de Téhéran avec la communauté internationale en 2015. Or la sortie unilatérale de Washington du « deal » en 2018, le retour des sanctions américaines contre l’Iran, la mauvaise gestion des dirigeants et la corruption endémique ont porté un coup dur à cette reprise économique. D’où les attaques virulentes des conservateurs.

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Une abstention qui s’annonce très élevée

Les deux candidats réformistes ont concentré leurs attaques sur le religieux chiite Ebrahim Raïssi. « Avec seulement six ans d’études à l’école, comment allez-vous diriger le pays ? Accepteriez-vous de confier votre famille à un chauffeur religieux qui n’a pas de permis pour un voyage ? “, a demandé l’ancien vice-président Mohsen Mehr Alizadeh. Ebrahim Raïssi, qui a d’abord tenté de garder son calme, a accusé son adversaire de “Diffamation”. « Le certificat de mes études est disponible. Vous n’en avez pas marre d’insulter et de diffamer ? “, rétorqua-t-il en élevant la voix.

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