June 23, 2021

“Se lever pour moins de 800 euros, c’est insultant”

« AESH en colère / enfants, écoles, parents, en difficulté » ou alors « Se lever pour moins de 800 euros, c’est insultant ». Sur les pancartes, jeudi 3 juin, se lisait l’exaspération des accompagnants en situation de handicap (AESH) venus entendre, pour la troisième fois depuis le début de l’année, leur ras-le-bol près du ministère de l’Éducation nationale, à Paris. Plusieurs autres mobilisations ont eu lieu partout en France.

Petites mains de l’école inclusive, ce sont majoritairement des femmes du cortège parisien et de la profession. Au niveau national, les AESH sont 110 000, soit 10 % des effectifs de l’éducation nationale. En poste depuis deux ans maintenant, Carole [qui a souhaité garder l’anonymat] ne peut se contenter de son salaire de 737 euros net par mois. « Sans les aides d’État, il m’était impossible de joindre les deux bouts », témoigne le quadragénaire, qui cumule un autre emploi en plus de son contrat de vingt-quatre heures par semaine rémunéré au SMIC.

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Une situation partagée par nombre de ses collègues, qui se retrouvent à devoir occuper plusieurs emplois. « Nous demandons que ces contrats soient considérés à temps plein afin d’avoir une rémunération décente », affirme Manuel Guyader, représentant SUD-Éducation à l’académie de Paris. Une augmentation de salaire qui permettrait aussi d’améliorer la notation de la profession d’AESH, dont les besoins restent importants. Au total, 385 000 enfants handicapés ont été accueillis dans des classes ordinaires depuis la rentrée 2020.

Besoins de formation

En plus de cette rémunération sous le seuil de pauvreté (1 063 euros, soit 60 % du niveau de vie médian), Sanae rappelle que « La précarité affecte aussi les contrats de travail ». Originaire de La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, cette assistante travaille depuis 2018 et est toujours en contrat à durée déterminée (CDD), avec un salaire de 867 euros par mois. “Je ne sais jamais si je serai renouvelé, c’est l’incertitude à chaque fois”, témoigne cette femme accompagnée de sa collègue. Après huit ans de CDD à temps partiel, Alexandra vient de signer un contrat à durée indéterminée (CDI), également à temps partiel. « L’enjeu c’est notre place au sein de l’éducation nationale, nous devons avoir accès au même statut que les enseignants », insiste le trentenaire.

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