June 25, 2021

Paris suspend sa coopération militaire avec Bamako pour faire pression sur la junte

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Paris est passé de la menace à l’action au Mali. Dix jours après le coup d’État qui a porté au pouvoir le colonel Assimi Goïta, la France a annoncé, jeudi 3 juin, avoir suspendu « Temporaire et réversible » sa coopération militaire bilatérale avec Bamako. Une annonce qui intervient quatre jours après que le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, s’est confié, le 30 mai, dans un entretien à journal du dimanche, que l’armée française ne pouvait plus, selon lui, rester « Aux côtés d’un pays où il n’y a plus de légitimité démocratique ni de transition ».

En effet, depuis le 24 mai, neuf mois après un premier coup d’État qui a eu lieu en août 2020, une junte est de nouveau au pouvoir au Mali. Et ce, dans un contexte où Paris s’interroge de plus en plus sur la pertinence de sa présence militaire dans ce pays. Quelque 5 000 hommes sont actuellement déployés pour combattre des groupes djihadistes, affiliés à Al-Qaida et à l’organisation État islamique (EI), dans le cadre de l’opération « Barkhane ». Depuis huit ans, des succès militaires sont enregistrés, mais l’objectif de passer à terme le relais à un État malien consolidé apparaît aujourd’hui hors de portée, faute de progrès politique.

Concrètement, l’annonce de Paris entraîne donc un arrêt sine die opérations conjointes menées par les militaires de la force française « Barkhane » avec les forces armées maliennes (FAMa). Elle entraîne également la suspension des activités de formation menées par les Français auprès des forces de défense et de sécurité locales. L’armée malienne est ainsi coupée de deux de ses principaux soutiens : la France et les États-Unis. Au lendemain du putsch, les Américains ont également annoncé la suspension de leur assistance aux forces maliennes, y compris la formation et le transfert de matériel.

« Il y a un flou sur les intentions »

A ce stade, l’opération « Barkhane » en tant que telle n’est pas officiellement remise en cause par cette suspension du volet bilatéral des opérations. Sur le terrain, les militaires français ne travaillent pas qu’avec l’armée malienne. Des troupes des pays frontaliers du Mali, de ce qu’on appelle « la force conjointe » du G5 Sahel (qui regroupe le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad), sont également associées. La décision de Paris sera « Réévalué dans les prochains jours à la lumière des réponses à apporter par les autorités maliennes », a-t-on indiqué, jeudi soir, au ministère des armées.

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