June 23, 2021

Mimi Marchand, grande prêtresse de la presse people, placée en garde à vue

L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine est-il revenu sur ses accusations contre Nicolas Sarkozy, dans l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, après avoir subi des pressions ou, pire, avoir été racheté ? C’est la question implicite du placement en garde à vue, jeudi matin, révélée par Mediapart, de la directrice de l’agence photo Bestimage, Michèle Marchand, dans les locaux de l’Office central de lutte contre la corruption (Oclciff) à Nanterre (Hauts-de-Seine).

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Femme d’affaires au passé sulfureux, proche des couples Macron et Sarkozy, elle était encore entendue vendredi matin dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour subornation de témoins et association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée. Une perquisition a été effectuée à son domicile. La police cherche, en effet, à clarifier le rôle qu’elle a joué dans l’organisation de l’entretien accordé par Ziad Takieddine à l’hebdomadaire Paris Match, publié en novembre 2020, accompagné de photos prises par un photographe travaillant pour son agence. Contactée, son avocate, Caroline Toby, a refusé de commenter.

En avril, “Mimi”, comme on la surnomme, assurait le site Mediapart qu’elle avait “Rien à faire dans cette histoire. Valiela [le photographe envoyé au Liban] travaille pour moi de temps en temps, mais il a sa propre agence. Il était parti pour essayer de faire un sujet paparazzi sur Carlos Ghosn, et, semble-t-il, l’autre [Ziad Takieddine] lui aurait sauté dessus. Il voulait des photos… Valiela me dit qu’il a eu Gattegno [directeur des rédactions de Paris-Match et du Journal du Dimanche], qui lui a immédiatement envoyé un journaliste. “

« Le principal accusateur avoue ses mensonges »

L’intermédiaire, alors en fuite au Liban après sa condamnation dans l’affaire des comptes de campagne d’Edouard Balladur, a expliqué au journaliste François de la Barre que “M. Sarkozy n’avait pas de financement libyen pour la campagne présidentielle” Une déclaration contraire à ce qu’il avait dit aux juges d’instruction en charge du dossier qui avaient ravi l’ancien président de la République. « Le principal accusateur admet ses mensonges. Il ne m’a jamais donné d’argent, il n’y a jamais eu de financement illégal pour ma campagne de 2007 », il a immédiatement réagi sur Twitter.

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Le journaliste de Paris Match a également été placé en garde à vue, jeudi, avant d’être libéré provoquant l’émoi de sa rédaction qui a dénoncé, par la voix de Constance Benqué, la directrice de la publication, « L’utilisation de tels moyens de contrainte pour interroger un journaliste sur l’un de ses reportages, au mépris du secret des sources pourtant reconnu par la loi. ” Son conseil, Christophe Bigot (également l’un des avocats de la Monde), a également dénoncé « Des méthodes disproportionnées contre un journaliste qui n’a fait que son travail. C’est la technique du coup de pression qui est totalement inadaptée lorsqu’elle est utilisée par rapport à la presse. “

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