June 22, 2021

l’usine d’information de Ramallah

ARTE RADIO – À LA DEMANDE – SÉRIE DOCUMENTAIRE

« Comment voulez-vous dire au monde et à cette région en une minute ? » C’est impossible. ” C’était pourtant le métier de Marine Vlahovic, journaliste indépendante et correspondante à Ramallah, le centre politique de la Cisjordanie occupée, en Palestine, entre 2016 et 2019. En cinq épisodes d’une vingtaine de minutes environ, elle raconte ces histoires dans le première personne. trois années durant lesquelles elle a sillonné les territoires palestiniens occupés pour tourner tour à tour et donner des nouvelles, principalement aux auditeurs de Radio France, tout en témoignant sans concession des coulisses d’un métier à risque et d’une condition précaire.

« Le Moyen-Orient est l’archétype de tous les fantasmes que l’on peut avoir sur les journalistes en « zone de conflit », elle dit. Je voulais raconter cette région complexe à travers les humains, à travers ses habitants, mais j’ai été englouti par la machine. “ Loin des histoires éculées et sans vantardise, elle livre une chronique passionnante car lucide sur les pratiques professionnelles des nouvelles difficiles, dans les coulisses de la « machine ».

Au fil des épisodes, les coulisses prennent vie. Sans sensationnalisme et pourtant de manière bouillonnante, il transforme une gigantesque matière sonore – des milliers d’heures de rushes – en un “Autre histoire”.

« Environnement viril »

Entre extraits de reportages, échanges – parfois un peu tendus – avec la rédaction pour laquelle elle travaille, et situations du quotidien qui ne sont pas banales, Marine Vlahovic plante d’abord le décor : son installation dans la ville de Ramallah, l’enfer de l’attente aux postes de contrôle. , les « Environnement viril » journalistes sur place. « La première année, vous détestez les Israéliens ; le second, les Palestiniens ; le troisième, vous-même », disent généralement les correspondants. « Je m’emballais souvent avec l’un ou l’autre, mais au fond je ne détestais personne », dit-elle, montrant les pressions auxquelles elle a été soumise de toutes parts.

Oscillant toujours entre les aléas de l’actualité et du quotidien, elle navigue entre religions et amitiés vécues.

Dans le deuxième épisode, elle rend compte de ses conditions d’enregistrement, des attentes et caprices de la rédaction loin du terrain, des cadences folles de l’actualité. “Je cours sur des cigarettes au café et je prends 10 kilos d’ailleurs”, raconte celui qui nous emmène avec pédagogie au cœur de cette région complexe. Lorsque le président Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État hébreu en décembre 2017, il y a eu une ruée : de nombreuses rédactions ont envoyé des journalistes attendre le “La guerre promise” ; mais la mort de Johnny Hallyday éclipse le sujet dans les journaux français. Pour retrouver de l’énergie et vaincre la fatigue, elle sort, boit et nous raconte la vie nocturne de Ramallah.

Sans se bomber la poitrine, elle raconte, dans le quatrième épisode, comment, effleurée par la fusillade d’un sniper israélien lors d’un reportage sur la « marche du retour », fin 2018, à la frontière entre Gaza et Israël, elle “Tourner”, en état de choc. Oscillant toujours entre les aléas de l’actualité et du quotidien, elle navigue entre religions et amitiés vécues. C’est épuisée par ses conditions de travail qu’elle mettra fin à sa correspondance. « Dans ce conflit médiatique, les journalistes travaillent sous tutelle et marchent au pas », conclut-elle dans le cinquième épisode. L’un de ses derniers reportages ne sera pas diffusé.

Carnets de correspondance, série documentaire de Marine Vlahovic, réalisée par Arnaud Forest (Fr., 2021, 5 x 20 min). Disponible à la demande sur Arte Radio.

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