June 23, 2021

Les joueurs du PSG, champions de France, sortent de l’ombre de Lyon

Le suspense était minime, mais la performance est colossale : le PSG a mis fin à quatorze ans d’hégémonie de l’Olympique Lyonnais sur la première division de football féminin, vendredi 4 juin, en remportant le titre après sa victoire contre Dijon (3-0) à la 22e et dernier jour.

Ce sacre, le premier dans l’histoire du club, intervient après des années de luttes futiles, où les Parisiennes, bien que bousculant les Lyonnaises, n’avaient jamais réussi à les renverser. Cette fois, les joueurs d’Olivier Echouafni n’ont pas trébuché pour remporter le trophée sans conteste grâce à l’avantage pris sur Lyon lors des confrontations directes (victoire 1-0 à l’aller le 30 novembre 2020, nul 0-0 au retour sur 30 mai). ” Le déclic, c’était le match aller au Parc des Princes, quand on les a battus », a déclaré l’entraîneur Olivier Echouafni au micro de Canal + après le match.

« Pour terminer ! C’est vrai qu’on a eu beaucoup de déceptions ces dernières années, mais aujourd’hui c’est à nous de jouer. je suis très content, c’est mérité », s’est exultée la capitaine parisienne Irene Paredes, sur la même antenne. Le défenseur, au club depuis quatre ans, a inscrit le deuxième but qui a complètement libéré les Parisiennes.

« On a attendu longtemps ce trophée, c’est très spécial », a également reconnu le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi.

Pour s’assurer le titre de championne, les Parisiennes – un point d’avance sur les Lyonnaises au coup d’envoi – devaient s’assurer la victoire contre Dijon, l’équipe de milieu de tableau. Cela s’est fait sans crainte, à l’image de la saison où le PSG, comme l’OL, a une nouvelle fois écrasé la concurrence : les joueurs de la capitale ont inscrit en moyenne près de quatre buts par match, et en ont encaissé à peine quatre sur les 22 journées. Vendredi, huit minutes leur ont suffi pour prendre l’avantage, avec un penalty de Sara Däbritz. La victoire 8-0 de Lyon sur Fleury dans le même temps n’a rien changé.

Cette saison, les Parisiennes ont gagné en régularité, terminant le championnat invaincues pour la première fois de leur histoire et n’ayant laissé, en plus du nul contre Lyon, que deux autres points en route, contre Bordeaux, troisième du championnat (0 -0 au match aller).

“Meilleur fond de jeu”

« Cette année, j’ai trouvé que Paris avait un meilleur terrain de jeu que Lyon. Les deux équipes ont de fortes individualités mais la mayonnaise a mieux pris au PSG », estime Nonna Debonne, ancienne Parisienne (2004-2014) désormais opposante à Issy Paris.

Avec l’arrivée des Qataris à sa tête en 2012, le club de la capitale a d’abord tenté de rattraper Lyon avec l’arrivée de nombreuses joueuses étrangères, comme l’Américaine Lindsey Horan en 2012, l’Allemande Anja Mittag et la Brésilienne Cristiane en 2015, sa compatriote Formiga en 2017. Mais les équipes formées ont longtemps eu du mal à rivaliser collectivement avec le Rhône, dont la solide colonne vertébrale s’est développée en interne.

La donne a changé avec l’émergence de purs produits de la formation parisienne, comme les attaquantes internationales Marie-Antoinette Katoto, 21 buts en championnat cette saison ou Kadidiatou Diani, 13 buts, 9 passes décisives, toutes deux nommées pour le prix du meilleur joueur de D1. De quoi finalement franchir le cap de la première place, après huit deuxièmes places depuis 2011.

« Il y a un tel vivier en région parisienne qu’il est bon de se recentrer autour de », explique Candice Prevost, ancienne joueuse parisienne (2003-2012), désormais en charge des opérations à la Fondation PSG. Elle espère que ce titre pourra apaiser encore plus les Parisiens : » Un championnat n’est vraiment pas anodin, sans vouloir minimiser les victoires en Coupe de France en 2010 et 2018. Cela envoie un message fort. »

Fin de cycle

Sur la scène nationale, la domination est totale puisque les Parisiennes ont également éliminé les Lyonnaises en Ligue des champions lors des quarts de finale, tandis que les « Fenottes », le surnom du Rhône, ont été cinq fois détenteurs du titre. Les deux équipes n’ont pas pu se battre pour la Coupe de France, annulée cette saison en raison de la pandémie de Covid-19.

Lire aussi Ligue des champions de football féminin : Paris renverse Lyon et met fin à sa domination européenne

Pour la première fois depuis 2006, les Lyonnaises ont donc conclu une saison blanche, en partie en raison de l’absence de la Norvégienne Ballon d’Or Ada Hegerberg et de la défenseure Griedge Mbock. Cet échec a coûté son poste à l’entraîneur Jean-Luc Vasseur, remplacé avant la fin de son contrat par l’emblématique Fenotte Sonia Bompastor.

Le milieu de terrain du PSG Sandy Baltimore résiste à la Lyonnaise Wendie Renard le 30 mai.

Pour les Parisiens en revanche, la saison n’est pas parfaite puisque l’aventure européenne s’est arrêtée au tour suivant face à Barcelone, qui a alors remporté la compétition.

Surtout, le PSG arrive désormais en fin de cycle. Plusieurs joueurs clés sont sur le départ, comme la gardienne Christiane Endler (à Lyon), la défenseure et capitaine Irene Paredes (Barcelone), le milieu de terrain Perle Morroni (Lyon), et Formiga qui pourrait revenir au Brésil. L’entraîneur Olivier Echouafni, au club depuis 2018, a peut-être aussi vécu son dernier match sur le banc avec les Rouge et Bleu, selon le Parisien.

Le club va donc devoir se reconstruire, face à la revanche des Lyonnaises en France, et alors que la concurrence européenne est de plus en plus féroce. Les Parisiennes ont désormais au moins une certitude : elles peuvent gagner.

my review here