June 25, 2021

la droite en pleine crise existentielle

Dans leurs discussions privées, quand, à l’abri des regards de leurs collègues, ils peuvent se confier à eux, certains élus de droite doivent se dire que c’est à ça que doit ressembler l’effondrement d’un empire.

Voici un parti, Les Républicains (LR), qui a dominé la scène politique française pendant des années, réduit désormais à endurer crise après crise. Contraint de voir ses marches rongées par les mouvements concurrents, La République en marche (LRM) d’un côté, le Rassemblement national (RN) de l’autre. Tous deux volent ses électeurs, ses cadres et même, beaucoup le déplorent, ses idées. Les thèmes de droite ont le vent en poupe. Emmanuel Macron l’a bien compris, qui continue d’essayer de donner des gages sur les questions souveraines.

Testé dans les sondages pour la présidentielle de 2022, aucun des candidats potentiels de droite n’a, pour l’instant, réussi à dépasser la barre du premier tour. Ni le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui mise beaucoup, et qui est crédité de 15 % à 16 % des sondages. Ni Valérie Pécresse, patronne de l’Ile-de-France, qui plafonne à 11%. Ou le sénateur vendéen Bruno Retailleau, qui tourne autour de 6%, selon les études.

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C’est tout le paradoxe d’un parti qui reste fort au niveau local ; il dirige de nombreuses mairies et sept régions – il devrait en conserver la plupart après les élections des 20 et 27 juin. Mais dont le sort national inquiète terriblement ses membres.

L’épisode Peltier, un nouveau coup dur du club

Depuis plusieurs semaines, le moment est venu d’exprimer les inquiétudes croissantes des uns et des autres. Ou encore à des séances de recadrage et d’explications.

C’est ainsi que Guillaume Peltier, député du Loir-et-Cher et numéro deux du parti, s’est retrouvé en réunion de groupe, mardi 1est juin, pour devoir s’expliquer après ses idées controversées lancées dimanche précédent sur RTL. L’élu a proposé la mise en place d’une justice d’exception pour les personnes radicalisées, sans possibilité de recours. Il a également salué les mérites du maire de Béziers (Hérault), Robert Ménard, un soutien de Marine Le Pen : « Échanger, discuter, travailler avec Robert Ménard ne me dérange pas du tout », expliquait l’ancien du Front national de la jeunesse (FNJ) dans les années 1990. Des propos qui ont provoqué une condamnation de nombreux responsables LR, notamment le président du parti, Christian Jacob.

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Dans les rangs de LR, l’épisode Peltier a été vécu comme un nouveau coup de marteau, après la crise ouverte, quelques semaines plus tôt, par le soutien apporté aux régionales par la majorité présidentielle à Renaud Muselier, président (LR) sortant de Provence-Alpes-Côte d’Azur. « On sortait à peine de l’affaire Muselier, que tout à coup on a pris l’affaire Peltier », regrette un élu. La fête subit « Une hémorragie par semaine », inquiète un autre, au risque de « Condamner à une mort programmée ». “Éperdu”, « fatalistes », persuadé “Cette messe est dite”, les propos privés de nombreux membres de LR sont durs et témoignent d’une rare excitation.

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