June 22, 2021

une coalition historique unie contre Benyamin Netanyahu

Trente-cinq minutes avant minuit, Yaïr Lapid a fini par annoncer, mercredi 2 juin, ce qui lui avait longtemps semblé impossible : il a une coalition. Huit chefs de partis israéliens, infiniment disparates, ont apposé leurs signatures sur l’accord de gouvernement qu’il peaufine depuis deux mois. Ils conduisent en théorie une majorité parlementaire étroite (61 députés sur 120), capable de renverser Benyamin Netanyahu, après douze ans de règne ininterrompu.

« Ce gouvernement travaillera pour tous les citoyens d’Israël, ceux qui ont voté pour et ceux qui ne l’ont pas fait. Il fera tout pour unir la société israélienne », a assuré le président Reuven Rivlin le centriste Yaïr Lapid, constant dans sa manière de dépasser les blocages partisans depuis les dernières élections législatives de mars.

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Ce sera sa seule déclaration publique. Les acteurs principaux se taisent ou pèsent leurs mots avec un trébuchet. Le Likud et M. Netanyahu eux-mêmes sont restés silencieux mercredi. En attendant, ce sont les images qui disent tout. Une heure avant l’annonce de M. Lapid, une photographie résumait l’improbabilité de ce moment, sa fragilité, sa beauté en quelque sorte : il se tenait debout dans un hôtel de Ramat Gan (centre) aux côtés du leader d’un parti islamiste, Mansour Abbas, le dernier homme à signer ce document, et Naftali Bennett, le patron d’une petite formation religieuse d’extrême droite.

Une première dans l’histoire d’Israël

Entré en politique en 2013 avec un racisme décomplexé, M. Bennett reste un défenseur des implantations en Cisjordanie occupée. Le poste de Premier ministre lui est promis jusqu’en 2023, avant que M. Lapid ne s’en empare. M. Abbas leur offre la majorité.

C’est la première fois dans l’histoire d’Israël qu’un parti arabe adhère pleinement à une coalition gouvernementale – dans les années 1990, ces partis se contentaient de soutenir tacitement le gouvernement d’Itzak Rabbi. M. Netanyahu est derrière. C’est lui qui a brisé le cordon sanitaire maintenu par les partis sionistes autour de M. Abbas après les élections de mars, les quatrièmes en deux ans. De petits alliés suprémacistes juifs du Premier ministre, nouveaux à la Knesset, ont bloqué leur accord.

L’histoire, pour le moment, avance lentement. M. Netanyahu peut encore briser ce gouvernement avant que le Parlement ne lui accorde sa confiance, lors d’un vote prévu la semaine prochaine. Le président de la Knesset, membre du Likoud, peut reporter cette échéance. En attendant, le Premier ministre usera de tous ses liens avec des rabbins et des figures de la droite dite « idéologique » pour convaincre les troupes de M. Bennett de lâcher prise. Son parti, Yamina, élu avec 6,2 % des voix en mars, ne compte que sept députés.

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