June 22, 2021

Naftali Bennett, en lice pour prendre la place de Benyamin Netanyahu

Il fut tour à tour conseiller de Benyamin Netanyahu puis son rival tout en restant un partenaire incontournable : le millionnaire Naftali Bennett, leader de la droite radicale, pourrait succéder à son mentor et devenir le premier ministre d’Israël.

Tête chauve, discrète et kippa américano-anglaise, Naftali Bennett est à la tête de la formation Yamina qui prône à la fois l’ultralibéralisme économique, une ligne dure contre l’Iran ou encore l’annexion de près des deux tiers de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l’armée israélienne depuis 1967.

Pendant longtemps, M. Bennett avait joué à deux et laissé le doute sur son intention de porter, ou non, le coup de grâce à Benyamin Netanyahu, au pouvoir depuis quinze ans. Son ralliement au bloc anti-Netanyahu, alliance explosive qui va de la gauche à son parti de droite grâce au soutien des députés arabes, s’est négocié au prix fort : le poste de chef du gouvernement d’abord qui sera ensuite repris par Yaïr Lapid, le chef de l’opposition qui a réussi à faire adhérer les partis à une telle coalition.

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Cinq portefeuilles ministériels

L’homme d’affaires de 49 ans, qui a fait fortune dans la technologie, est entré tardivement en politique. Mais depuis 2013, ce chiffre de l’actuelle « Nationaliste religieux » et proche des colons, détenait cinq portefeuilles ministériels. La dernière, celle de la défense en 2020, l’a conduit au pic de la pandémie de Covid-19 en Israël à organiser une mobilisation spectaculaire de l’armée pour gérer la crise. « Une image sur mesure pour un public qui cherche désespérément un remplaçant légitime pour Netanyahu », note Evan Gottesman de l’Israel Policy Forum.

Si l’accord de coalition est approuvé par le parlement, Naftali Bennett serait le premier chef de gouvernement religieux de l’histoire de l’État juif à porter une kippa ou à observer strictement le Shabbat.

Celui qui a été tué politiquement il y a deux ans, et qui a obtenu de mauvais résultats aux dernières élections législatives de mars, a réussi à manœuvrer ces dernières semaines pour s’imposer comme « Faiseur de rois » dans les négociations complexes pour former une coalition gouvernementale.

Une ligne droite dure

« La gauche fait des compromis loin d’être faciles, quand elle m’accorde (…) le rôle du premier ministre »M. Bennett, qui a bâti toute sa carrière politique sur une droite dure et partisane du Grand Israël, a déclaré au début des négociations.

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Fils d’immigrés américains né le 25 mars 1972 à Haïfa (nord), Naftali Bennett qui a servi dans la prestigieuse unité Sayeret Matkal, comme Benjamin Netanyahu, s’est imposé au tournant des années 2000 comme l’un des ténors de la « nation start-up » avec sa société de cybersécurité Cyotta vendue 145 millions de dollars en 2005. L’année suivante, il fait le grand saut en politique pour le Likoud où il devient le bras droit de Benyamin Netanyahu.

Deux ans plus tard, Naftali Bennett quitte le Likoud pour diriger un temps le Conseil de Yesha, principale organisation représentant les colons israéliens en Cisjordanie, qui deviendra son affaire politique, même s’il n’a jamais vécu dans l’une d’entre elles. règlements controversés.

En 2012, il prend les rênes du Foyer Juif de droite, qui rejoint ensuite d’autres micro-partis pour former Yamina (« droite »). Le parti Yamina, connu pour son égérie Ayelet Shaked, est aujourd’hui dirigé par Naftali Bennett. Et ce dernier a réussi à séduire certains colons avec des propos nationalistes musclés.

Exemple? Le conflit avec les Palestiniens n’a pu être réglé mais enduré comme une “Shrapnel dans les fesses”. Ou encore : il n’y a pas d’occupation israélienne en Cisjordanie parce que “Il n’y a jamais eu d’Etat palestinien”. Voir le « Les terroristes doivent être tués et non libérés », termes lancés à l’égard des prisonniers palestiniens. Par exemple, il avait promis à l’Iran un « Viêtnam » si la République islamique continuait, selon lui, à s’implanter militairement dans la Syrie voisine.

Mais Naftali Bennett, père de quatre enfants et habitant la ville aisée de Raanana (centre), se démarque aussi dans son milieu religieux de droite : les questions sur la place de la religion dans l’Etat ne sont pas dans ses priorités et il incarne un certain libéralisme des valeurs, notamment par exemple sur les questions LGBTQ.

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Le monde avec l’AFP

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