June 25, 2021

L’utilisation de drones tueurs en Libye réveille le spectre des robots de combat autonomes

Cce n’est pas une scène de 2001, une odyssée spatiale, de Je robot ou de Terminateur. Pour la première fois dans l’histoire des conflits, des robots de combat auraient pu attaquer des humains de manière totalement autonome, affirme un article du Nouveau scientifique publié le 27 mai.

S’appuyant sur un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) daté du 8 mars, l’hebdomadaire scientifique décrit comment des drones militaires autonomes ont survolé une zone de combat, des cibles sélectionnées avant de les attaquer, sans l’intervention d’un opérateur humain.

Enquête sur l’utilisation de la Libye

Le paragraphe 63, page 19 de ce rapport de 556 pages décrit l’opération « Tempête de la paix » lancée le 27 mars 2020 par le Premier ministre libyen, Faïez Sarraj. Ce dernier lui a permis de repousser les forces du maréchal Khalifa Haftar, dont « Convois et unités logistiques […] retraite ont été traqués et emportés à distance par des drones de combat ou des systèmes d’armes autonomes létaux [SALA en français, LAWS en anglais pour “lethal autonomous weapons systems”], comme le Kargu-2 de STM et d’autres munitions nomades. Les systèmes d’armes autonomes létaux avaient été programmés pour attaquer des cibles, sans qu’il soit nécessaire d’établir une connexion de données entre l’opérateur et les munitions, et étaient donc en fait en mode autodirecteur », écrit le rapport.

« munitions de Ranger » est également appelée « munitions de ranger » munitions errantes », ou LM, en anglais, ou « drones kamikazes ». Ces drones aériens qui contiennent un explosif survolent le champ de bataille et peuvent détruire des cibles en plongeant dedans. Le Kargu-2 est un drone de fabrication turque. Ces engins de 7 kilos volent à 72 kilomètres à l’heure, ont une autonomie de trente minutes et une autonomie de 5 kilomètres. Ils sont équipés d’une charge explosive et peuvent être pilotés par un humain ou fonctionner de manière autonome, à l’aide de caméras « Equipé d’une intelligence artificielle qui localise et identifie les cibles », explique le Nouveau scientifique.

Décryptage : Le maréchal Haftar affaibli par l’implication croissante de la Turquie

Son utilisation serait une innovation. Au cours des deux dernières décennies, des armées et des groupes comme les rebelles Houthis au Yémen ont utilisé des drones pour la reconnaissance ou l’attaque. Les Etats-Unis notamment l’utilisent massivement, contre Al-Qaida, sa filiale dans la péninsule arabique (AQPA), les talibans pakistanais, les talibans afghans, les groupes islamistes somaliens Al-Chabab ou au Sahel. Mais ils sont toujours contrôlés par un opérateur.

Récemment, en 2020, dans le cadre du conflit avec l’Arménie, le ministère azerbaïdjanais de la Défense s’est vanté d’avoir infligé « De lourdes pertes en hommes et en matériel militaire » à l’adversaire. Interrogé par une chaîne de télévision turque, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a déclaré que « Grâce à la fine technologie des drones turcs, armés ou non, nous avons évité des pertes humaines ».

Quel degré d’autonomie ?

Jack McDonald, chercheur au King’s College de Londres, pointe les inexactitudes du rapport de l’ONU. Dans une série de messages sur Twitter, croit-il qu’“Il n’y a aucune idée si les drones de combat” et le Des « munitions itinérantes » ont touché des personnes ou des véhicules ». Il ajoute qu’il est impossible de savoir ce que leur degré d’autonomie.

De son côté, Ulrike Franke, chercheuse au Conseil européen des relations internationales spécialisée dans les drones et l’intelligence artificielle, confirme ces inexactitudes à Monde. « Le rapport n’entre pas dans les détails des armes autonomes. Elle constate simplement la présence de « munitions rangers », notamment le système Kargu-2, aux côtés d’autres systèmes militaires, comme des drones armés, sur le théâtre libyen, et indique que des « munitions rangers » ont été utilisées sur le théâtre libyen. une attaque contre un convoi, elle explique. Ce que le rapport ne fait pas et ne peut pas faire -, il s’agit d’évaluer le degré d’autonomie du système, c’est-à-dire le degré de supervision ou de contrôle humain. “

Le chercheur ajoute : « Ce qui n’est pas clair pour moi, c’est pourquoi l’incident décrit dans le rapport est devenu un sujet brûlant, étant donné que nous savons depuis un certain temps que les « munitions cachées » ont été utilisées dans plusieurs conflits. “

En effet, lors d’affrontements en 2016 avec l’Azerbaïdjan, Artsrun Hovhannisyan, porte-parole du ministère arménien de la défense, a évoqué l’utilisation « Un drone de type Harop, fabriqué en Israël », qui, “Plutôt que de contenir une charge explosive, c’est elle-même la munition” et « Attaque ses cibles en se détruisant dessus » lors de l’attaque contre les forces du maréchal Khalifa Haftar.

Débat à l’ONU, préoccupation des ONG

Pour le chercheur, la nouveauté du rapport de l’ONU tient à son aspect académique : « Il considère les ‘munitions cachées’ comme des systèmes d’armes autonomes mortels. Ceci mérite d’être souligné dans la mesure où les Nations Unies débattent depuis 2014, dans le cadre de la Convention sur certaines armes classiques, de la place des systèmes d’armes létaux autonomes et de la question de savoir si leur utilisation doit être réglementée. , limité ou interdit. “

Face au risque qu’elles représentent, Amnesty International ou Human Rights Watch (HRW) ont lancé une « Campagne contre les robots tueurs », prétendant qu’il est “Douteux que des armes totalement autonomes soient capables de respecter les normes du droit international humanitaire, en particulier les règles de distinction, de proportionnalité et de nécessité militaire”.

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