June 23, 2021

Le Festival de Cannes 2021 dévoile une sélection très française

Est-ce bien Thierry Frémaux, délégué général du Festival, et Pierre Lescure, son président, que l’on voit, démasqués, dans la salle de l’UGC Normandie, à Paris, également remplie d’autres êtres humains, en ce matin de jeudi 3, pour la traditionnelle annonce de la sélection officielle du Festival de Cannes ? On a presque envie de se pincer tant la scène vient de loin. En vérité, dès 2019, alors même que le Covid, un pathogène relativement peu cinéphile, a fait exploser l’édition 2020 et réduit, pendant un an, la vie ordinaire de l’exploitation cinématographique à une zone semi-désertique.

Parle-t-on d’un retour à la normale ? Nous n’en sommes pas encore là. Les intervenants sont sérieux, tendus, parfois irritables. La fatigue de cette année particulière se fait sentir. Mais l’essentiel est là : sauf débarquement d’une variante superméchant, cette soixante-quatorzième édition se tiendra du 6 au 17 juillet, et on sait désormais de quelle parure elle se parera.

Compétition haut de gamme

Fidèle à un mode de préparation établi de longue date, le chef Frémaux, après avoir rongé son sang pendant un an, a doucement fait monter la température pendant quelques semaines, puis, selon la recette cannoise, décortiqué ses différents ingrédients. On sait donc déjà que Spike Lee, ancien vétéran du combat contre l’afro-américanité, reprend son poste de président du jury laissé vacant en 2020, et que l’actrice Jodie Foster, francophile américaine s’il en est et féministe engagée, y recevra une palme d’honneur. Annette, La comédie musicale de l’esthétiste Leos Carax, co-écrite avec le groupe de rock autrefois glamour The Sparks, avec Marion Cotillard et Adam Driver, a également été révélée comme le film d’ouverture de l’événement.

La « fuite » de deux autres titres en compétition avait également été organisée. Béni, de Paul Verhoeven, avec Virginie Efira comme religieuse hérétique, et La Dépêche française, de Wes Anderson, un nouveau film de groupe loufoque, tourné cette fois à Angoulême (Charente) avec le plus cool Bill Murray. Deux oeuvres très attendues par les cinéphiles depuis plus d’un an, qui faisaient déjà partie de la sélection mort-née de 2020. C’est donc une compétition a priori haut de gamme que Thierry Frémaux a dévoilé aujourd’hui, au terme d’un choix rendu plus difficile par le nombre de films accumulés (près de deux mille) depuis la pandémie.

La France y détient insolemment la pole position, avec un record de sept films. Signé par Jacques Audiard (Les jeux olympiques), Léos Carax (Annette), Catherine Corsini (La fracture), Julia Ducournau (Titane), Bruno Dumont (France), Mia Hansen-Amour (Île Bergman) and François Ozon (Tout s’est bien passé).

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