June 23, 2021

La France met l’accent sur les ventes d’armes à l’Europe

Le ministère des Armées a rendu public, mercredi 2 juin, son rapport annuel au Parlement sur les exportations d’armes. Un exercice de transparence très encadré, en vigueur depuis plus de vingt ans, mais qui donne un aperçu des ventes d’armes françaises à l’étranger, un secteur dans lequel la France occupe traditionnellement le haut du tableau, et où elle se hisse encore, en 2020, à la troisième place mondiale.

Avec 4,9 milliards d’euros d’exportations totales en 2020, la France est ainsi derrière les États-Unis (avec 175 milliards de dollars, 143,6 milliards d’euros) et la Russie (environ 50 milliards de dollars). Le montant global des exportations françaises est cependant en forte baisse par rapport à 2019, année où Paris a vendu 8,3 milliards d’euros d’armes à l’étranger. Une baisse qui s’explique en grande partie par la crise sanitaire.

Parmi les éléments les plus marquants de ce rapport, l’Arabie saoudite est en tête des acheteurs en 2020, avec 703,9 millions de commandes signées avec le royaume wahhabite. Viennent ensuite les Etats-Unis, qui ont importé en 2020 pour 433,6 millions d’euros d’armements français, puis le Maroc (425,9 millions d’euros) et le Royaume-Uni (290 millions d’euros).

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Frilosité croissante

Concrètement, les ventes à Riyad en 2020 se sont principalement traduites par l’exportation de systèmes de défense aérienne – « Pour se protéger des attaques de drones », a justifié le porte-parole du ministère des Armées, Hervé Grandjean – et pour les robots de déminage sous-marin, l’Arabie saoudite s’estimant exposée dans le golfe Persique et le détroit d’Ormuz, en raison de tensions avec l’Iran. Ces exportations comprennent également « munitions », dit M. Grandjean, sans fournir plus de détails.

Les exportations vers les États-Unis ont été principalement liées à la vente de sonars, a-t-il expliqué. Quant à ceux vers le Maroc, ceux-ci comprennent des systèmes de défense aérienne, des canons Caesar et des véhicules tactiques légers. Une liste non exhaustive que le porte-parole du ministère n’a pas souhaité dévoiler dans son intégralité. Avec le Royaume-Uni, aucun gros contrat n’aurait été signé, il ne s’agit que de composants, a-t-on précisé, mercredi.

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Comme à son habitude, le ministère des Armées défend sa politique d’exportation d’armes en insistant sur sa contribution à la vitalité de l’économie française (13 % de l’emploi industriel en France, soit 200 000 emplois directs et indirects) et sur les questions de souveraineté. Une politique menée « Dans le plus strict respect des exigences liées aux exportations d’armes, dans le plein respect de nos valeurs et de nos engagements internationaux », insiste en préambule du rapport la ministre, Florence Parly.

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