June 25, 2021

Jean Castex est attendu en Tunisie

Jean Castex, accompagné d’une demi-douzaine de ministres, se rend mercredi soir 2 juin et jeudi 3 juin en visite en Tunisie, afin de resserrer les liens avec un pays traversé par des crises -politiques, sociales, économiques et migratoires- et encore fragilisées par le Covid- 19 pandémie.

Deux mois après le report controversé d’un séminaire gouvernemental en Algérie, le Premier ministre français est attendu, pour sa première grande sortie internationale, dans le cadre du troisième Haut Conseil de coopération franco-tunisien (HCC), qui fait suite à ceux de 2017 et 2019 .

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Depuis la dernière édition, l’exécutif a changé en Tunisie, avec l’élection à la présidence de Kaïs Saïed – un universitaire indépendant – en octobre 2019, puis la nomination de Hichem Mechichi à la tête du gouvernement en juillet 2020. La tourmente a amené le sommet de l’État contre le parti d’inspiration islamiste Ennahda, la principale force d’un Parlement fragmenté.

Craintes de manque d’oxygène

Cette visite, qui se déroule donc dans un contexte politique tendu et incertain, doit s’articuler autour de « Quatre priorités principales », selon Matignon.

D’abord « La crise sanitaire », Evidemment, alors qu’un rebond de l’épidémie au début du printemps faisait craindre localement une pénurie d’oxygène. Une assistance matérielle devrait être apportée, sachant que la France s’est engagée à livrer prochainement des unités autonomes de production d’oxygène à trois hôpitaux tunisiens.

Questions de « Partenariat économique » et de “Support” sera le cœur le plus visible des échanges, avec la signature d’accords, un détour par le site du réseau ferroviaire rapide de Tunis et une rencontre sur le thème du numérique co-organisée par les employeurs tunisiens (Utica) et français (Medef).

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Mais il sera difficile de ne pas évoquer l’urgence de la situation en Tunisie, dont l’économie est exsangue : lourdement endettée, souffrant d’un modèle de développement haletant basé sur une main-d’œuvre bon marché, elle attend du Fonds monétaire international (FMI) un nouveau prêt sur trois ans en échange de promesses de réformes.

Si la France s’est engagée l’an dernier à prêter 350 millions d’euros pour accompagner la transformation du pays jusqu’en 2022 (100 millions ont été versés à ce jour), c’est « Ni assez, ni le bon vecteur », selon l’AFP l’essayiste Hakim El Karoui, auteur en mai d’une note pour l’Institut Montaigne sur la stabilité du Maghreb.

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« Nous avons besoin de dons », environ « De 1 ou 2 milliards d’euros », soutenu par une initiative européenne dans le cadre du plan de relance, afin de “Passer le pic Covid”, insiste M. El Karoui, soulignant que la faiblesse annoncée de la saison touristique, l’un des piliers de l’économie tunisienne (environ 14% du PIB), assombrit les perspectives. « On va se retrouver à l’automne avec des gens qui n’ont pas reconstitué leurs revenus. Il ne faut pas dire qu’on n’a pas vu venir la crise sociale et politique », prédit-il.

Gérald Darmanin est aussi du voyage

Ces chocs internes ont également des conséquences directes pour l’Union européenne (UE), qui est actuellement en pourparlers avec la Tunisie pour un accord d’aide économique en échange d’efforts pour empêcher le départ des migrants. Actuellement, 15 % des migrants arrivant par voie maritime en Europe sont de nationalité tunisienne, constituant le contingent le plus important.

« Questions de la lutte contre le terrorisme » s’inviteront aussi dans les échanges, assure Matignon. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, présent dans la délégation, était déjà venu évoquer le sujet en novembre, au lendemain de l’attentat qui a fait trois morts dans la basilique de Nice, commis par un Tunisien de 21 ans fraîchement débarqué en Europe.

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Paris veut expulser une poignée d’individus vers la Tunisie, sur quelques dizaines de personnes inscrites pour radicalisation, mais les négociations glissent sur ce qui s’apparente à une “Bâton de merde”, selon M. El Karoui. « Les Tunisiens disent à la France : ils se sont radicalisés dans votre pays », résume-t-il. Comme l’auteur de l’attentat au commissariat de Rambouillet en avril, arrivé en France en 2009.

Enfin, la visite devrait servir à préparer le prochain Sommet de la Francophonie, qui se tiendra en Tunisie en novembre 2021, et à sceller de nouveaux accords. « Entre établissements de formation français et tunisiens ».

Le monde avec l’AFP

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