June 22, 2021

Emmanuel Macron se méfie de Xavier Bertrand

« Xavier Bertrand a une obsession anti-Macron », s’est insurgé le délégué général de La République en marche (LRM), Stanislas Guerini, le 17 mai, dans un entretien à Monde. La phrase peut également être lue à l’envers. Depuis plusieurs semaines, Emmanuel Macron et ses partisans ont érigé en cible principale la présidente (anciennement Les Républicains, LR) des Hauts-de-France, aux côtés de la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen.

Officiellement, les fidèles du chef de l’Etat jurent la main sur le cœur de ne pas craindre l’ancien ministre du Travail de Nicolas Sarkozy, afin de ne pas donner crédit à sa candidature à la présidentielle de 2022. A les entendre, toute leur énergie serait être déployé pour bloquer le représentant de l’extrême droite. Et toute seule.

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Mais, en petit comité, l’entourage du locataire de l’Elysée reconnaît prendre très au sérieux la menace représentée par quelqu’un qui prétend être un “Social Gaulliste”. « Xavier Bertrand est dynamique grâce à son positionnement et sa notoriété. Il ressort nettement à droite », juge un fidèle dès la première heure du chef de l’Etat, convaincu que l’ancien député de l’Aisne “Tué le match” avec ses concurrents LR.

Plusieurs macronistes partagent cette analyse, supposant que l’élection présidentielle se jouera en « Un match à trois ». Leur projection s’appuie avant tout sur des sondages, qui présentent depuis plusieurs mois M. Bertrand comme le mieux placé à droite pour venir bousculer le duel annoncé entre M.moi Le Pen et M. Macron en 2022. S’il reste largement derrière l’un (de 27 % à 30 %) et l’autre (de 25 % à 28 %), le président des Hauts-de-France est crédité de 15 % dans le premier tour, loin devant Valérie Pécresse (10 %) ou Laurent Wauquiez (8 %), selon un sondage IFOP-Fiducial réalisé en ligne du 18 au 20 mai auprès d’un échantillon de 1 363 personnes inscrites sur les listes électorales.

Vent d’inquiétude

Dans cette étude, un résultat a semé un vent d’inquiétude au sein de la majorité : en cas de second tour contre Marine Le Pen, M. Bertrand apparaîtrait comme une barrière plus efficace que M. Macron. Le premier obtiendrait 60 % contre 40 % pour le président du RN, tandis que le second l’emporterait moins largement (54 % contre 46 %). De quoi accréditer un « Effet Bertrand », selon les propos d’un proche du chef de l’Etat, et justifier le lancement d’une offensive des macronistes contre lui.

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