June 25, 2021

David Diop, premier auteur français à remporter ce prix

Le roman français Frère d’ame a remporté, mercredi 2 juin, la version internationale du prestigieux prix littéraire britannique Booker Prize, qui récompense à la fois son auteur David Diop et sa traductrice britannique Anna Moschovakis. David Diop, 55 ans, est ainsi devenu le premier auteur français à remporter ce prix, décerné aux livres étrangers traduits et publiés dans l’année au Royaume-Uni ou en Irlande.

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“Je suis extrêmement heureux d’avoir gagné, cela montre que la littérature n’a pas de frontières”, dit le romancier, jugeant ” magnifique “ que sa traduction permettait « La charge émotionnelle qui a touché les lecteurs français » être « Étendu dans le monde anglophone ».

La traductrice Anna Moschovakis, poète également reconnue, partage avec M. Diop les 50 000 livres (58 000 euros) qui accompagnent ce prix, l’un des rares à reconnaître le rôle majeur des traducteurs.

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Hommage aux combattants de la grande guerre

Ce deuxième roman de David Diop, qui a grandi au Sénégal et dont l’arrière-grand-père a combattu pendant la grande guerre, peut être lu comme un hommage aux combattants de ce conflit et en particulier aux 200 000 Africains qui ont combattu dans l’armée française.

Le narrateur, Alfa Ndiaye, est un tirailleur sénégalais. Lors d’une agression, son compagnon d’armes et ami d’enfance est grièvement blessé. Il supplie son ami de l’achever mais il ne peut s’y résoudre. Le livre raconte la tentative d’Alfa Ndiaye de racheter son compagnon, décédé dans de terribles souffrances.

Malgré la « Spécificité du contexte » qui parle plus aux lecteurs francophones, « Des problèmes de domination raciale et de violence coloniale, qui existent partout dans le monde », s’est adressé au jury anglophone, le juge Mmoi Moschovakis.

“Cette histoire de guerre, d’amour et de folie a un pouvoir terrifiant”, a déclaré dans un communiqué la présidente du jury, Lucy Hughes-Hallett, précisant que le « Prose incantatoire et vision sombre mais brillante » du roman avait “Jeter un sort” à tous les membres du jury, “Soufflé”.

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“Quand le sang coule, il a la même couleur”

Devant l’impossibilité de traduire le jeu de mots dans le titre français, Anna Moschovakis a intitulé la version anglaise La nuit, tout le sang est noir (“La nuit, tout le sang est noir”). Cette phrase tirée d’un des premiers chapitres du roman avait déjà été évoquée comme titre potentiel « Avec mon éditeur en France » (Le Seuil), avant sa parution en 2018, confiait M. Diop.

Le romancier trouve “Plutôt interessant”, voiture « Il reflète la volonté du roman de suggérer que la guerre et sa violence touchent tout le monde, et que lorsque le sang coule, il a la même couleur quel que soit l’être humain ».

Frère d’ame, déjà distingué par le prix Goncourt des lycéens, ainsi que le prix suisse Ahmadou Kourouma, a remporté le pari face à cinq autres finalistes : l’Argentine Mariana Enriquez, le Chilien Benjamin Labatut, la Danoise Olga Ravn, la Russe Maria Stepanova et la Le français Eric Vuillard. Au total, 125 livres étaient en compétition pour le Booker Prize International cette année.

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Le monde avec l’AFP

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