En Ethiopie, les diplomates tentent d’obtenir un cessez-le-feu

Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, est le théâtre depuis plusieurs jours d’intenses tractations, inédites depuis le début d’une guerre fratricide entamée voici un an, destinées à arracher la paix entre le gouvernement fédéral et les rebelles des Forces de défense tigréennes (TDF). « Nous n’avons jamais été aussi proches d’un cessez-le-feu. C’est maintenant ou jamais », estimait vendredi 5 novembre un diplomate africain. Parfois qualifiée de négociations de la dernière chance, cette tentative de médiation a lieu alors que le pays semble au bord du gouffre.

La tournure prise par les opérations militaires ces dernières semaines, largement en faveur de la coalition rebelle, qui a mis la main sur les deux villes stratégiques de Dessié et Kombolcha, a forcé diplomates et dirigeants à nouer de façon express une forme de dialogue. Devant l’avancée des TDF et leur menace de « marcher » sur Addis-Abeba, l’envoyé spécial américain pour la Corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman, s’est rendu sur place, jeudi. Une mission effectuée à la demande des autorités éthiopiennes, assurent plusieurs sources.

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Conditions préalables inacceptables

Lors d’une conférence de presse organisée à Washington en amont de sa visite, M. Feltman avait reconnu que les parties au conflit, rebelle comme pouvoir fédéral, ne semblaient « être en aucune manière ouvertes à l’idée d’un accord sur une désescalade menant à un cessez-le-feu négocié et à une forme ou une autre de négociation ». Moins d’une semaine après, ses rencontres avec les dirigeants éthiopiens, ceux de l’Union africaine et quelques partenaires occidentaux suscitent pourtant un peu d’espoir. Signe qu’un dialogue est en cours : l’émissaire a décidé de repousser son départ d’Addis-Abeba, prévu initialement vendredi.

Un dialogue, mais pas encore de négociations. Si les deux parties au conflit semblent a priori volontaires pour entamer des pourparlers, ils butent encore sur des conditions préalables inacceptables pour chaque camp. Les rebelles tigréens demanderaient la fin du blocus humanitaire et la restauration des services de base au Tigré. Le gouvernement souhaiterait, quant à lui, le départ des troupes rebelles de l’Afar et l’Amhara, régions où ils ont encore progressé, se trouvant désormais à 270 kilomètres d’Addis-Abeba.

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Outre que certains diplomates sont réservés sur les chances de voir les négociations aboutir rapidement, des spécialistes de l’Ethiopie ne cachent pas leur pessimisme. « Peut-on vraiment croire à des négociations de bonne volonté et à un cessez-le-feu alors que les deux camps ne cessent d’accroître leur effort de guerre ? », s’interroge un analyste qui suit de près l’évolution du conflit éthiopien. Les derniers développements observés sur le champ de bataille et les rhétoriques utilisées par chaque camp révèlent en effet une hausse de la conflictualité.

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