July 24, 2021

Jean-Claude Van Damme sur Netflix : cinq films incontournables qui ont battu

Amateurs de larges écarts et de high-kicks dans les molaires, réjouissez-vous : Netflix accueille 10 films de et/ou avec Jean-Claude Van Damme.

Netflix a désormais un faible pour les auteurs prestigieux. Après avoir acquis plusieurs oeuvres d’Ingmar Bergman, Jacques Tati ou François Truffaut, la plateforme accueille désormais une bonne partie de la filmographie de Muscles from Brussels, à savoir L’arme absolue, Contact complet, Timecop, Le Grand Tournoi, Légionnaire, Enfer, Réplicant, L’ordre, Point d’impact et En enfer.

Un programme dense même s’il ne comprend pas quelques grands classiques comme Sport de sang, mais qui rejoint Kickboxer déjà présent depuis un certain temps dans le catalogue. Ces ajouts visent à acclimater les abonnés au bon vieux JCVD ​​en vue de la sortie du Dernier mercenaire réalisé par David Charhon, le 30 juillet 2021.

C’est aussi l’occasion pour de nombreux cinéphiles amoureux de la castagne de rattraper les zones d’ombre de leur cinéphilie. Souvent moqué par les médias français en quête de complaisance, parfois malmené par une industrie impitoyable, Van Damme a pourtant marqué ses points, son coup de pied légendaire et ses choix dans l’histoire du cinéma d’action américain. Après avoir consacré un dossier à la régression Équipe de double, nous avons sélectionné 5 films qui le prouvent.

De retour, et pas content

De quoi s’agit-il ? Lyon, un légionnaire, était stationné dans un avant-poste dans le désert nord-africain lorsqu’il a appris que son frère avait été grièvement blessé à Los Angeles. Il déserte pour l’aider, mais, sans argent, se lance dans des combats de plein contact. Quand il arrive enfin, fatigué, son frère est mort et la veuve refuse sa protection, tandis que deux mercenaires déchaînés veulent le forcer à retourner à la Légion.

Pourquoi c’est à (re)voir : Ne vous fiez pas à son affiche mythique, où JCVD ​​apparaît en train de faire le grand écart sur une voie ferrée alors qu’un train fonce vers lui, puisque jamais le muscle bruxellois ne réalisera cette cascade durant le film qui nous intéresse. Non, pour Full Contact, Jean-Claude veut risquer de sortir de sa zone de confort. En effet, alors que le synopsis appelait à une histoire vengeresse et impitoyable, l’artiste martial veut lui insuffler un autre ton, en se concentrant sur l’histoire de la vie d’un renégat malgré lui, qui se lance tête baissée dans un combat clandestin.

photo, Jean-Claude Van Damme

Jean-Claude est peut-être tôt le matin, il a mal

Dès lors, les joutes couvertes de coups de pied aériens ne comptent jamais autant que le contexte qu’elles décrivent, voire le décor qui est le leur. Lyon suit ses camarades d’infortune pour s’en débarrasser, ici dans une piscine vidée, là sur un parking. Sheldon Lettich, le réalisateur, pas tout à fait Orson Welles, mais est bien conscient qu’il doit filmer son acteur comme jamais auparavant, qui est resté collé à son visage.

Alors bien sûr, ni le découpage ni l’interprétation ne font preuve d’une finesse débordante, mais qu’importe, le long métrage est d’autant plus généreux qu’on sent Van Damme totalement investi dedans, surjouant tout, donnant de l’espace. à la moindre émotion.

photo, Jean-Claude Van Damme

Jean-Claude se démène

De quoi s’agit-il ? En 2004, l’homme sait enfin voyager dans le temps, générant une nouvelle génération de spéculateurs criminels. Les États-Unis ont donc créé le TEC, une unité d’élite chargée de contrôler tous les déplacements temporels. Mais ses propres agents ne sont pas à l’abri des tentations et l’agent Max Walker est chargé de ramener un déserteur…

Pourquoi est-ce pour (re)voir ? Le cinéma d’action américain des années 1990 ne cessait de répéter ses vieilles gloires. Mélange évident de Terminateur et soldat universel, dans laquelle Van Damme se livrait déjà à la science-fiction, TimeCop s’inspire d’une BD Dark Horse pour trouver sa place au box-office.

photo, Jean-Claude Van Damme

Derrière les abdos, un petit coeur qui bat

Et c’est mission accomplie ! Non seulement le long métrage a été une affaire bien gérée, avec un chiffre d’affaires dépassant les 100 millions de dollars pour un budget de 28 millions de dollars, mais il a définitivement démontré aux producteurs américains que sa star n’est pas seulement douée pour les démonstrations. arts martiaux, et qu’il en avait assez pour jouer dans de grands films de genre. La suite de sa carrière le prouvera : cette popularité est à double tranchant.

S’il continue de forger son identité grâce à ses plans mythiques, comme le high kick et les splits, ici transformés en images iconiques en deux plans qui ne le sont pas moins, JCVD ​​s’intègre de mieux en mieux aux produits. Hollywood, un vrai délice pour les amateurs de paradoxes temporels, Timecop combine de nombreux passe-temps du cinéma grand public de l’époque, avec sa police corrompue, son scélérat politique véreux, ses laboratoires esthétiques tous tordus et ses belles maisons américaines, ses thèmes de deuil et (surtout) de rédemption. Cependant, loin d’être complètement absorbé par le système, l’acteur parvient à rendre la monnaie, surtout dans un climax généreux.

photo, Jean-Claude Van Damme

Parle à mon pied

De quoi s’agit-il ? 1925, New-York. Christophe Dubois est un acrobate de rue / protecteur d’une bande d’orphelins. Malheureusement, le vol d’une mallette de gangster tourne mal et Dubois est contraint de s’embarquer sur un navire à destination de l’Extrême-Orient. Réduit en esclavage, il est libéré par Dobbs puis immédiatement vendu à un groupe de combattants Muya-Thai. Passé maître dans cet art martial, Dubois devient un excellent combattant underground, et croise la route de Dobbs avec qui il se lance dans le Grand TournoI.

Pourquoi est-ce pour (re)voir ? Et 1995, Van Damme s’envoya fatigué des bourres. Évidemment, livrer des mandals lui a ouvert les portes du succès et ils ne restent ouverts que grâce à des séries de back kicks. 1994 lui avait donné deux hits d’une valeur de plus de 100 millions de dollars chacun au box-office mondial (Timecop, Street Fighter), et 1995 avait commencé le Mort subite, fils Die-Hard-aimer, mais Jean Claude voulait passer à autre chose. Dès 1991, il avait commencé la production de Entrez dans le nouveau dragon qui deviendra alors La quête ou alors Le Grand Tournoi en français, qu’il qualifie en 1993 de «Ben Hur film de karaté. « Van Damme finira par le réaliser lui-même.

Photo, Abdel Qissi, Jean-Claude Van Damme

Écoutez-moi, Freddie Mercury…

Résultat? Il faut déjà souligner l’exploit de Van Damme, tout en classicisme et contemplation quand il nous promène entre New York et les pays thaïlandais, mais qui est plus nerveux et coupé quand il s’agit de se battre. Hélas, si la mise en scène veut rappeler de bons souvenirs de films d’aventures habités par un souffle épique, on s’ennuie encore un peu.

Van Damme est d’un sérieux papal, soutenu par un premier degré tous azimuts qui empêche d’oublier qu’il s’agit d’un remake de Bloodsport – Tous les coups sont autorisés à 30 millions au lieu de deux. Seule consolation, croiser Roger Moore qui joue le quota « flegme et bonhomie » avec l’investissement d’un homme pressé de payer ses impôts.

Photo, Roger Moore, Jack Mc Gee

Ai-je bien entendu, nous venons de parler de pâte?

De quoi s’agit-il ? 1924, Marseille, le boxeur Alain Lefebre refuse de se coucher dans une bagarre, opposant la pègre locale. Sa seule issue : rejoindre la Légion étrangère. Quelques semaines plus tard, il se retrouve sous le cagnard du Sahara en cours d’entraînement intensif. Il y trouvera des amitiés, affrontera l’adversité et surtout les rebelles berbères.

Pourquoi est-ce pour (re)voir ? En 1998, à la sortie du film, il n’était pas en grande forme pour les muscles bruxellois. Équipe de double et Piège à Hong Kong ont tous deux été sanctionnés par la critique en tant que box-office. Jean Claude aurait besoin de se refaire une santé cinématographique et sur papier, Légionnaire pourrait ressembler à ce ticket d’or pour la chocolaterie. Budget de 30 millions de dollars, une histoire classique, mais dans la bonne lignée avec certains classiques, pleine de valeurs héroïques et de franche camaraderie… JCVD prouverait queil était plus qu’un corps musclé, c’était un véritable acteur dramatique.

Photo, Jean-Claude Van Damme

Il sentait le sable chaud, mon JCVD

Bon, au final, c’est un joli collier de clichés enfilés comme des perles. Tout le monde est super viril méga, se demandant comment le pantalon de ces messieurs peut contenir leurs testicules. Les personnages incarnent chacun un archétype vu mille fois dans d’autres films militaires, mais cela donne l’occasion de rencontrer Steven Berkoff (Poulpe, L’Outreterre… loin de la terre) et Adewale Akinnuoye-Agbaje (once, Le retour de la momie).

Van Damme fait tout son possible pour être traversé par de nobles sentiments et autres passions contraires, mais sa sueur est plus expressive que lui. Les scènes d’action sont relativement efficaces, Peter MacDonald étant l’auteur de Rambo III dont la seule qualité était sans doute… les scènes d’action. On peut déplorer l’absence de grand écart, mais rassurez-vous, on voit encore les fesses de JCVD ​​à un moment donné.

Photo, Jean-Claude Van Damme

Si je frappe ce ballon, combien puis-je en tuer ?

De quoi s’agit-il ? Pour arrêter un tueur en série qui ne partage pas l’amour de Simon Riaux pour les mères, la NSA crée un clone pour lui. Le cynique inspecteur Jake Riley, qui traque le criminel depuis des années, va donc devoir s’accommoder de cette idée stupide.

Pourquoi est-ce pour (re)voir ? Réplicant symbolise parfaitement la contribution de Van Damme au divertissement américain. Grand admirateur du cinéma hongkongais, lié dès le début de sa carrière à la colonie britannique (Sport de sang y a été tourné), il est l’un des rares à avoir franchement encouragé l’exode de ces cinéastes virtuoses vers Hollywood. Donc certains de ses plus célèbres et fous films sont dirigés par des légendes comme John Woo (Chasse à l’homme), Tsui Hark (Équipe de double, Piège à Hong Kong) ou Ringo Lam comme ici.

photo, Jean-Claude Van Damme

Il manque un peu de mulet

Ce dernier a collaboré à trois reprises avec le Belge, pour Risque maximum (1996), En enfer (2003) et enfin ce Réplicant sorti en 2001. Malheureusement, il cristallise aussi les limites des aventures hollywoodiennes de ces réalisateurs. Handicapé par un scénario d’une stupidité ahurissante (même les personnages n’y croient pas), écrit pour confronter l’acteur et son double au dernier acte, l’auteur de Alerte complète améliore la chose grâce à une mise en scène appliquée, mais reste autonome. Un triste manque de respect, et une autre occasion manquée.

Pourtant, cette histoire obscure a pour lui de permettre au castagneur cinéphile de jouer deux rôles bien différents. Et il ne va pas si mal, aidé par le toujours brillant Michael Rooker, parfait en flic obsédé par sa cible. En fait, ses qualités athlétiques ne sont pas beaucoup mises en valeur. Et ce n’est pas pire : s’il a persisté à importer ces esthètes chez l’Oncle Sam, c’est aussi pour le sortir de sa zone de confort (même si les relations entre eux étaient parfois houleuses). Et c’est réussi.