July 25, 2021

Cannes 2021 : On a vu une sérieuse candidate à la Palme d’or et Léa Seydoux et Tilda Swinton Episode 4

Chaque jour, le Rédac ‘d’AlloCiné fait le bilan des films vus lors du 74e Festival de Cannes. Aujourd’hui, coup de projecteur sur « Haut et Fort », sérieux candidat à la Palme d’Or, et les quatrièmes apparitions de Léa Seydoux et Tilda Swinton.

Cette dixième journée du Festival a été marquée par trois films de la Compétition : Haut et Fort, cri du cœur pour la jeunesse marocaine sur fond de rap initié par Nabil Ayouch, Memoria, la nouvelle virtuosité d’Apichatpong Weerasethakul portée par une Tilda Swinton habitée , et France, un nouveau film de Bruno Dumont avec Léa Seydoux en journaliste vedette.

Dans le reste des œuvres vues lors de cette dixième journée de Festival, il y avait le nouveau film de Rachel Lang, Mon légionnaire, qui clôturait la Quinzaine des réalisateurs, une section qui mettait également en lumière le premier long métrage. de Yassine Qnia, From low floor, un drame conjugal à la tension palpable.

L’équipe a également découvert la belle histoire d’amitié entre les vagues d’Anaïs Volpé et le retour d’une ex-pornstar dans son Texas natal dans Red Rocket de Sean Baker.

Haut et Fort de Nabil Ayouch (Compétition Officielle)

Pleurer du coeur de la jeunesse marocaine à travers le rap et le hip-hop, Haut et fort signer le retour de Nabil Ayouch, connu pour ses films criant à la vérité sur la société marocaine. La force et la sagesse d’Anas Basbousi, artiste œuvrant pour la culture et la communauté, lui permet d’incarner un parrain de jeunes dans un centre culturel d’un quartier populaire de Casablanca. Grâce à la vitalité de la troupe de jeunes artistes, au regard bienveillant d’Anas Basbousi, à la mise en scène puissante de Nabil Ayouch et aux brillants slams rythmés par les compositions musicales de Mike et Fabien Kourtzer, Haut et Fort se révèle être un grave et fougueux candidat à la Palme d’Or pour laquelle il concourt.

Megan Choquet

Mémoire d’Apichatpong Weerasethakul (Concours Officiel)

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Kick the Machine Films/Burning/Anna Sanders Films/Match Factory Productions/ZDF/Arte/Piano 2021

Avec Mémoire, Apichatpong Weerasethakul franchit plusieurs étapes : c’est son premier film partiellement en anglais et son premier avec des professionnels acteurs. Parmi eux, le Britannique Tilda Swinton et la Française Jeanne Balibar. Le long métrage suit les traces d’une femme, Jessica, réveillée un matin par un énorme bruit sourd, une sorte de coup de feu. D’où vient ce bruit ? Est-ce le fruit de son imagination, un signe venu d’ailleurs ? L’héroïne se lancera dans une quête en suivant ses sens pour mieux retrouver le contact avec les autres et avec soi-même. Très contemplatif, Mémoire est l’extra-terrestre de ce Festival. Il dégage une force spirituelle, une énergie mystique qui enveloppe le spectateur pour le transporter dans d’autres sphères. Grand conte humaniste, Mémoire est l’un des grands coups de poing de cette 74e édition. Un sérieux prétendant à la Palme ?

Thomas Desroches

Mon légionnaire de Rachel Lang (Quinzaine des réalisateurs)

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ML / Cheval deux trois / Mauvais Hommes

Deuxième long métrage de Rachel Lang | après Baden Baden, mon légionnaire est présenté comme le film de clôture de la Quinzaine des Réalisateurs. La réalisatrice pose sa caméra en Corse et au Maroc pour une plongée dans l’univers de la Légion d’honneur et de leurs familles. Les deux endroits se renvoient la balle dans ce film qui suit des couples déchirés et fragilisés par le travail du mari dans la légion qui l’amène à être souvent loin de ses proches. Rachel Lang propose un drame intimiste et montre la dureté et la vérité de cette entreprise exigeante à travers des enjeux familiaux. Le casting composé de Louis Garrel, Camille Cottin, Ina Marija Bartaitė et Alexander Kuznetsov (Leto) s’offre avec force dans des rôles sensibles et complexes.

Megan Choquet

France de Bruno Dumont (Concours officiel)

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RogerArpajou / 3B

Connu pour son cinéma décalé, Bruno Dumont revient avec une satire du monde de l’information, plus précisément de l’information continue. Il met en scène France de Meurs, journaliste vedette, vaniteuse et superficielle, brillamment interprétée par Léa Seydoux. Au faîte de la gloire, le reporter adoré des foules va bientôt entrer dans une phase de remise en question. C’est grâce à son actrice principale que France tire tout son attrait. La critique du monde médiatique tourne vite au vide, le film accumule quelques longueurs, mais c’est le jeu de Léa Seydoux qui vient sauver le spectateur d’un début d’ennui.

Thomas Desroches

From low floor de Yassine Qnia (Quinzaine des Réalisateurs)

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Shanna Besson

Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, De l’étage inférieur est le premier long métrage de Yassine qnia. Ce drame social plutôt convaincant fait suite à l’interrogatoire désordonné de Mehdi, un trentenaire aux prises avec des petits cambriolages, et qui va tenter de reconquérir Sarah, la mère de son fils d’à peine un an. Le couple est interprété par les comédiens Soufiane Guerrab et Souheila Yacoub, un duo talentueux qui joue très bien et joue une partition sincère et efficace. Low Floor bénéficie d’une intrigue bien ficelée et d’une tension savamment menée tout au long du film, même si l’on regrette une fin abrupte et un manque de profondeur chez certains personnages, qui auraient mérité d’être approfondis.

Megan Choquet

Entre les vagues d’Anaïs Volpé (Quinzaine des Réalisateurs)

1626422877 411 Cannes 2021 on a vu un sérieux candidat à la Palme

KMBO

Entre les vagues suit l’amitié de Margot (Souheila Yacoub) et d’Alma (Déborah Lukumuena). Ces deux amis inséparables partagent la même passion pour le théâtre. Tous deux ont une immense urgence à vivre. Le film nous emmène à travers un large éventail d’émotions, du rire aux émotions fortes. Ce que l’on retiendra surtout, c’est son énergie, sa vitalité et la force de son tandem d’actrices. Le cinéaste Anaïs Volpe, qui avait produit par le passé le projet autoproduit Heis, signe un film à l’énergie communicative, toujours en mouvement, et une photographie esthétique qui rappelle le cinéma indépendant américain (on le doit à Sean Price Williams, directeur de la photographie pour Good Time des frères Safdie).

Brigitte Baronnet