A Rome, le G20 va devoir convaincre sur le climat

Ils doivent discuter de la lutte contre le Covid-19, de la relance économique mondiale, et surtout du climat : les dirigeants du G20 des plus grandes économies mondiales, qui se réunissent à partir ce samedi 30 octobre à Rome, sauront-ils envoyer un signal positif juste avant la COP26 ?

« Sur tous nos objectifs climatiques, nous avons du chemin à faire et nous devons accélérer l’allure », a répété vendredi le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres. Il ne cesse d’alerter sur le risque de « catastrophe climatique », pointant la « responsabilité particulière » des pays du G20. Ce groupe, qui comprend notamment les Etats-Unis, l’Union européenne, mais aussi la Chine, la Russie ou l’Inde, est responsable de la plus grosse partie des émissions mondiales. « Nous avons encore le temps de remettre les choses sur le bon chemin, et cette réunion du G20 est l’occasion de le faire », a insisté M. Guterres.

Les chefs d’Etat et de gouvernement partiront pour Glasgow à peine le sommet du G20 achevé, dimanche, à Rome. Toutefois, leur capacité à s’entendre lors de ce week-end sur des engagements forts en faveur du climat n’est pas garantie. Le chef du gouvernement italien, Mario Draghi, avait plaidé, au début d’octobre, pour « un engagement du G20 sur la nécessité de limiter la hausse des températures à 1,5 degré », l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris.

« Nous n’allons pas stopper le réchauffement climatique à Rome ou à cette réunion de la COP », a reconnu le premier ministre britannique, Boris Johnson, dans l’avion l’emmenant vers la capitale italienne. « Le plus que nous pouvons espérer, c’est ralentir l’augmentation » des températures. Dans ce contexte, jusqu’à quel point les leaders des grandes économies mondiales sont-ils prêts à s’engager pour, par exemple, abandonner le charbon ?

Boris Johnson aurait à nouveau insisté sur « la potentielle sortie du charbon », lors d’une conversation téléphonique vendredi, avec le président chinois, Xi Jinping, qui, comme son homologue russe, Vladimir Poutine, ne participera au G20 que par visioconférence. Pékin a montré un signe d’inflexion en promettant en septembre de cesser de construire des centrales à charbon à l’étranger. Mais la Chine, et avec elle beaucoup de pays émergents, dépend encore énormément de cette énergie fossile, très émettrice de CO2, notamment pour faire tourner ses centrales électriques, dans le contexte actuel de crise énergétique.

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La seule certitude d’avancée concrète concerne la fiscalité

A Rome seront aussi abordés les sujets de la dette des pays les plus pauvres, et les efforts à fournir pour vacciner la planète contre le Covid-19. Au menu des discussions il est aussi prévu de traiter des pénuries et problèmes qui se multiplient dans la chaîne logistique mondiale, lesquels menacent de faire dérailler la reprise économique.

Les seules certitudes en matière d’avancée concrète à l’issue de ce sommet aux ambitions modérées concernent la fiscalité. Le G20 devrait en effet entériner au plus haut niveau politique la taxation minimale mondiale à 15 % sur les multinationales. Le défi est désormais de mettre en œuvre dans chaque pays ce dispositif, qui réduira les possibilités d’optimisation fiscale des multinationales et devrait rapporter 150 milliards d’euros de recettes supplémentaires. L’objectif affiché est 2023.

Un officier de police monte la garde à l’extérieur du centre des congrès « La Nuvola », le 28 octobre 2021, à Rome, avant le sommet du G20.

Plusieurs manifestations sont prévues samedi à Rome (syndicats, extrême gauche, Fridays for Future), pour lesquelles des milliers de personnes sont attendues. Plus de 5 000 policiers, carabiniers et soldats ont été mobilisés. La capitale italienne sera en permanence survolée par des hélicoptères et des drones, et le quartier où se tient le sommet a été « bunkerisé ».

Les dirigeants profiteront aussi de leur retour sur place dans une grande réunion internationale – la première fois depuis le début de la pandémie – pour multiplier les rencontres bilatérales ou en petit comité. Joe Biden et Emmanuel Macron, ainsi que la chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre britannique, Boris Johnson, veulent ainsi s’accorder sur une reprise des négociations avec l’Iran.

Emmanuel Macron, qui a déjà mis en scène vendredi sa réconciliation avec Joe Biden après l’affaire des sous-marins, a aussi prévu de rencontrer dimanche Boris Johnson, sur fond de crise entre leurs deux pays au sujet de la pêche post-Brexit. Le président argentin, Alberto Fernández, espère, pour sa part, discuter de sa dette avec la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.

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Le Monde avec AFP

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